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02 Juillet 2007
XXIe Congrès de Force Ouvrière à Lille
ÉLECTIONS ET VOTES
Au lendemain du congrès confédéral de FO, à Lille, le 30 juin, son Comité confédéral national a élu le nouveau bureau confédéral. Jean-Claude Mailly est le Secrétaire général et Rose Boutaric la Trésorière confédérale.
Le «parlement de FO» (représentants des unions départementales interprofessionnelles et des fédérations professionnelles nationales) a également élu la commission exécutive confédérale de 35 membres:
Joseph Bellanca; Jean-Marie Bellot; Christian Cadier; Gilles Chaillié; Gérard Dossetto; Éric Falempin; Gabriel Gaudy; Patrick Hébert; Jean Hédou; Frédéric Homez; Jean-Baptiste Konieczny; David Lecomte; Serge Legagnoa; Philippe Lemaître; Jacques Lemercier; Jean-Jacques Mai; Gilbert Marpeaux; Jacques Matas; Michel Monteil; René Mori; Rafaël Nedzynski; Gérard Noguès; Gilles Patrac; Éric Pérès; Arlette Perray; Philippe Pihet; Hervé Quillet; Hubert Raguin; Joël Rathonie; Dominique Ruffié; Pascal Samouth; Franck Serra; Charles Sistach; Bernard Sohet; Jacques Técher.
A également été élue la commission des conflits:
Jean-Paul Cambra; Patrick Delfau; Jean-Louis Dupain; Dominique Guelfucci; Édouard Guerreiro; Daniel Guillemaut; Jean-Marc Monterrat; Dominique Ritaine; Ronald Schouller; Francis Van de Rosieren.
Enfin, ont été élus à la commission de contrôle:
Denis Basset, Jean-Louis Destenay et Louis Seigneur.
Au cours du congrès lui-même, le rapport d’activité du Bureau confédéral a été approuvé par 18 242 voix, soit 97,7%. Le rapport financier a obtenu 18 111 voix pour (97,06%). Par ailleurs, la proposition de modification des statuts, sur l’article 3, nécessaire pour entériner l’adhésion de FO à la nouvelle Confédération internationale des syndicats (CSI), a été adoptée par 16 852 voix (90,31%).
03 Juillet 2007
DISCOURS DU PREMIER MINISTRE DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE: PREMIÈRE RÉACTION DE FORCE OUVRIÈRE
Pour le bureau confédéral de Force Ouvrière, au plan économique et social, le discours du Premier Ministre s’apparente à un îlot de keynésianisme dans un océan de libéralisme.
En terme de méthode, le Premier Ministre n’accorde qu’une place mineure à la négociation, puisqu’il fixe les objectifs, le calendrier et les résultats des négociations à venir.
Pour Force Ouvrière, il est exclu que la liberté de négociation soit remise en cause : c’est une question de démocratie.
Par ailleurs, on ne peut pas faire référence à la République et à son universalité en plaidant pour une décentralisation accentuée des négociations, source de balkanisation sociale.
Sur nombre d’annonces (fusion UNEDIC/ANPE – objectif de 41 ans de travail pour la retraite en 2012 – régimes spéciaux – franchises maladie – service minimum – contrat unique de travail), Force Ouvrière est en désaccord.
Il en est de même pour la vision comptable de la fonction publique qui relève d’une vieille attitude. Sur ce point, Force Ouvrière réclame depuis plus de trois ans un vrai débat sur la place et le rôle des services publics dans la République.
Aujourd’hui, face aux intentions gouvernementales, c’est un vrai bouclier social qui est nécessaire.
03 Juillet 2007
Dialogue social
JEAN-CLAUDE MAILLY A RENCONTRÉ LUNDI LE CHEF DE L'ETAT
Invité à déjeuner par M. Sarkozy, le leader de FO a profité de l’occasion pour préciser notamment les positions la confédération sur les retraites et le service minimum adoptées la semaine dernière par le congrès de Lille.
Le président Nicolas Sarkozy a invité hier à déjeuner Jean-Claude Mailly, réélu samedi secrétaire général de FO. «On a des grands changements à faire et c'est tout à fait normal de discuter avec les représentants des grandes organisations syndicales», comme Jean-Claude Mailly, qui «m'a expliqué ses lignes rouges, ce qu'il pensait, ce qui s'était passé au congrès» de FO, a déclaré M. Sarkozy à l'issue de ce déjeuner pris dans le restaurant parisien «Chez Laurent» à proximité de l’Élysée. «J'ai accepté» l’invitation car «je ne refuse jamais le dialogue», a commenté de son côté Jean-Claude Mailly. Pour lui, ce fut surtout l’occasion d'évoquer des dossiers aussi importants que les retraites ou le service minimum, sur lesquels justement le congrès de FO, qui s’est tenu la semaine dernière à Lille, a arrêté ses orientations pour les trois prochaines années. Ces «lignes rouges» auxquelles M. Sarkozy a fait sans doute allusion.
Sur les retraites et dans la perspective du rendez-vous de 2008, il s’agira de «bloquer les compteurs à 40 ans» sans abandonner l’objectif d’un retour à terme aux «37,5 années de cotisation pour tous, public-privé», précisent ainsi les résolutions approuvées vendredi par les congressistes, sachant que la loi sur les retraites de 2003 prévoit de passer à 41 ans à partir de 2012. Sur le service minimum dans les transports, alors que l’avant-projet du gouvernement Fillon est considéré «comme une attaque sans précédent sur le droit de grève», c’est l’«attachement indéfectible au droit de grève constitutionnel» et le refus «toute remise en cause ou contraction du droit de grève» qui a été mis en avant dans ces résolutions.
M. Sarkozy «a confirmé sa volonté d'avancer dans ses réformes et d'avoir un véritable dialogue, des contacts directs avec moi comme avec d'autres, pas simplement des syndicalistes (…). Je trouve ça plutôt bien sur la forme», a déclaré Jean-Claude Mailly avant d’ajouter: «on ne négocie pas avec le président de la République, on confronte les points de vue, (…) ce n'est pas lui qui va prendre les décisions sur tout». Une manière de rappeler qu’il y a encore un Premier ministre qui doit gouverner et un Parlement qui doit légiférer.
04 Juillet 2007
IMMIGRATION: POUR FO LES TRAVAILLEURS EN SITUATION IRRÉGULIÈRE SONT AVANT TOUT DES VICTIMES
Alors que le Ministre en charge de l’Immigration annonce un nouveau projet de loi à la rentrée, Jean-Claude Mailly, Secrétaire Général de la CGT-FO, a lors d’une conférence de presse sur les droits des saisonniers à Deauville le 3 juillet, fait part des positions de FO.
Pour FO «les travailleurs en situation irrégulière sont avant tout des victimes». Il faut donc que les structures syndicales de l’organisation puissent les soutenir et les défendre contre les employeurs qui les exploitent.
A cette fin, FO «revendique en particulier qu’un travailleur employé illégalement bénéficie d’une protection administrative dès qu’il entreprend une démarche, notamment en lien avec une organisation syndicale, visant à faire valoir ses droits comme salarié» (position adoptée par le Congrès à Lille le 29 juin)
FO avait déjà exprimé cette revendication lors des consultations au parlement sur la dernière loi de 2006 sur l’Immigration. En effet, la menace d’une expulsion tend à pousser les travailleurs à demeurer dans la clandestinité et à les maintenir ainsi dans l’exploitation sous le chantage de l’employeur.
Pour FO, afin d’inciter les travailleurs embauchés illégalement à faire valoir leur droits en tant que salariés, il doivent pouvoir entreprendre des démarches, en particulier en s’adressant aux organisations syndicales représentatives, sans risquer la menace d’une expulsion. Il doit donc pouvoir bénéficier dans ce cadre d’une régularisation administrative de leur situation (délivrance en particulier d’une autorisation de séjour et de travail).
Pour FO, c’est ainsi que l’on luttera efficacement contre le travail illégal dont sont victimes, et non coupables, les salariés.
04 Juillet 2007
COMMISSION DES COMPTES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DU 4 JUILLET 2007
Force Ouvrière lors de la commission des comptes de la sécurité sociale qui s’est tenue le 04 juillet 2007 au ministère de la santé a pu constater le déficit de 12 milliards d’euros pour cette année 2007.
La confédération Force Ouvrière a tout d’abord souligné l’aberration que représente un déficit supérieur de 4 milliards d’euros par rapport à la loi de financement. Force Ouvrière n’acceptera pas que des mesures restrictives portant sur les assurés et les allocataires soient imposées à ce titre.
Les exonérations de cotisations dépasseront 2,6 milliards d’euros en 2007 et 1,45 milliards d’euros de recettes fiscales ne seront pas perçues au titre de leur compensation. Force Ouvrière réitère son souhait de voir définitivement imposé la compensation intégrale des exonérations de cotisation et le remboursement de la dette de l’Etat à l’égard de la Sécurité sociale.
Concernant la branche maladie, Force ouvrière ne peut accepter le déplafonnement du prélèvement de 1 €, comme elle refusera tout principe de franchise qui remettrait en cause l’égalité d’accès aux soins.
S’agissant de la branche vieillesse, Force Ouvrière souligne l’inefficacité du plan senior et affirme que l’allongement la durée de cotisation au-delà de 160 trimestres ne résoudra en rien les difficultés actuelles.
04 Juillet 2007
Un discours de politique générale…
PLUTÔT MÉPRISANT POUR LES SALARIÉS
Hier, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a fait comme si la démocratie sociale était une option.
Le discours de politique général prononcé mardi à l’Assemblée nationale par le Premier ministre François Fillon a pour le moins hérissé les syndicats. Il faut dire que le Chef du gouvernement a semblé, à travers ce discours, vouloir les cantonner au rôle de figurants sur un certain nombre de mesures ou de réformes, y compris celles qui font actuellement l’objet de négociations avec le patronat, sur le contrat de travail, l'assurance-chômage et la «sécurisation» des parcours professionnels.
«Nous avons invité (les interlocuteurs sociaux) à nous faire des propositions précises, notamment sur l’évolution du marché du travail. À la fin de l’année, elles devront être mises sur la table. Si tel n’est pas le cas, le gouvernement prendra ses responsabilités sans faillir », a averti ainsi M. Fillon avant de plaider pour le «contrat unique de travail, la réforme du mode d’indemnisation du chômage, la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC».
De même, sur la «représentativité» des organisations de salariés – autre sujet ouvert à la discussion entre syndicats et patronat – il a estimé qu’elle «devrait reposer sans équivoque sur le critère de leur audience parmi les salariés, et cela à tous les niveaux de négociation». Dans cette perspective, a ajouté M. Fillon, il faudra instituer une «élection à un seul tour, ouverte à chaque syndicat légalement constitué dans l'entreprise».
Les retraites, autre sujet qui peut illustrer la rigidité du discours du Premier ministre. Alors que la loi portant son nom prévoit de remettre à plat en 2008 tous les paramètres de financement des retraites dans le cadre d’une vaste concertation, M. Fillon a indiqué que «l'allongement de la durée de cotisation n'est pas une option (et) aura lieu au terme de la procédure prévue par la loi», soit 41 ans en 2012, à raison d'un trimestre supplémentaire de cotisation par an entre 2008 et 2012.
C’est peu dire que les syndicats ont peu apprécié cette manière méprisante de considérer la démocratie sociale en anticipant de la sorte le résultat des négociations entre les interlocuteurs sociaux. «En terme de méthode, le Premier Ministre n’accorde qu’une place mineure à la négociation, puisqu’il fixe les objectifs, le calendrier et les résultats des négociations à venir», a fustigé FO. Et ce d’autant plus que l’organisation est en désaccord sur certaines annonces comme la «fusion UNEDIC-ANPE», «l’objectif de 41 ans de travail pour la retraite en 2012» ou encore le «contrat unique de travail»…
La CGT a eu, pour sa part, «l'impression un peu désagréable que l'avis du gouvernement est déjà tranché sur toute une série de réformes et de mesures», comme s’il mettait un « revolver sur la tempe» des interlocuteurs sociaux. La CFTC refuse, elle, que les négociations se terminent «comme le souhaite le gouvernement» ou alors ce seraient des «négociations alibi». La CFDT a critiqué également cette méthode» qui préjuge des «conclusions» de négociations», tandis que la CGC disait craindre que le Premier ministre ne «mette la charrue avant les bœufs». En tous cas, pour FO, «il est exclu que la liberté de négociation soit remise en cause». C'est aussi une question de démocratie…
06 Juillet 2007
SERVICE MINIMUM
FO HOSTILE AU PROJET DE LOI
Le leader de la confédération a dénoncé hier les dispositions relatives à l’institution d’une déclaration préalable des salariés et d’une consultation du personnel par referendum en cas de grève dans les transports publics.
Entouré des membres du nouveau bureau confédéral (voir notre article du Lundi 2 juillet), le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a évoqué notamment le projet de loi sur le service minimum dans les transports publics présenté la veille au Conseil des ministres. Rappelant que ce texte a été dénoncé comme «une attaque sans précédent contre le droit de grève» lors du congrès de l’organisation à Lille, il a annoncé avoir demandé par écrit au ministre du Travail, Xavier Bertrand, le retrait de plusieurs dispositions «inacceptables» contenues dans ce texte, en particulier celles relatives à la déclaration préalable des grévistes et la consultation des salariés par referendum au huitième jour de grève.
Selon le projet de loi gouvernemental, les salariés «dont la présence détermine directement l'offre de service», doivent informer l’employeur de leur participation à une grève «au plus tard 48 heures» avant, sous peine de sanction disciplinaire. Il prévoit également que, au-delà de huit jours de grève, une consultation, à bulletin secret, ouverte à tous les salariés et portant sur la poursuite du mouvement peut être organisée sur l’initiative de l'employeur ou à la demande d'une organisation syndicale représentative.
Dans le courrier adressé à M. Bertrand et dont une copie a été remise à la presse, le leader de FO rejette la première disposition car elle «mettrait» le salarié sous des «pressions multiples» (notamment de sa hiérarchie), pressions qui plus est renforcées par «la menace d’une sanction disciplinaire». A propos de la seconde, il s’oppose au fait de soumettre ainsi «l’exercice individuel du droit de grève à une décision collective» alors que «le droit de grève est un droit constitutionnel et individuel ». Selon FO, c’est là une «transposition, hasardeuse, d’un principe de démocratie politique» qui tendrait «à accréditer l’idée, tendancieuse, que les syndicats ne défendraient pas les intérêts de la grande majorité des salariés». In fine, a souligné hier Jean-Claude Mailly, ces dispositions risquent d’attiser les conflits plutôt que de les prévenir.
Quant à l’article du projet de loi (article 9) selon lequel la rémunération d'un salarié participant à une grève est réduite en fonction de la durée non travaillée en raison de la participation à cette grève, c’est une «provocation» car, a-t-il rappelé, il n’est écrit nulle part aujourd’hui que les entreprises sont tenues de payer les jours de grève. Si tel était le cas, a-t-il ironisé, FO demanderait le paiement des «arriérés» pour salaires non perçus partout où il y a eu une grève.
06 Juillet 2007
ENCORE UNE VICTOIRE SYNDICALE: L’ORDONNANCE SUR LES SEUILS D’EFFECTIFS EST ANNULÉE PAR LE CONSEIL D’ETAT!
Dans une décision rendue le 6 juillet le Conseil d’Etat vient de clore définitivement le dossier des seuils sociaux du mois d’août 2005.
Tirant les conséquences de la décision de la Cour de justice des communautés européennes qui avait estimé qu’on ne pouvait exclure les salariés de moins de 26 ans de la comptabilité des effectifs des entreprises, le Conseil d’Etat annule définitivement l’ordonnance du 2 août 2005.
Rappelons que c’est sur la seule initiative de FO que, dans un premier temps, le Conseil d’Etat avait suspendu cette ordonnance qui introduisait une discrimination à l’égard des jeunes de moins de vingt six ans.
Cette ordonnance étant définitivement annulée, il ne reste plus maintenant que celle sur le CNE qui agonise lentement devant la justice.
08 Juillet 2007
PRISE D’ACTE ET DÉMISSION
Démissionner de son emploi c’est prendre un risque très important, celui de ne pas percevoir ses indemnités et surtout d’avoir des difficultés d’inscription à l’assurance-chômage. La Cour de cassation vient de prendre une décision importante, qui rend moins défavorable pour le salarié le fait de démissionner.
Par quatre arrêts publiés le 9 mai dernier (n°05-42.301; n°05-40.315; n°05-41.324; n°0540.518) la Cour de cassation a amélioré la situation des salariés quittant leur employeur à la suite d’un différend, sans pour autant prendre acte de la rupture de leur contrat de travail de manière classique ni être licenciés.
La jurisprudence admettait déjà que le salarié puisse rompre son contrat de travail en bénéficiant du régime du licenciement sans cause réelle et sérieuse si les manquements de l’employeur le justifiaient.
Cette possibilité (appelée «prise d’acte») était utile pour les salariés confrontés à un employeur violant ses obligations (par exemple: non-paiement d’une prime), ceux-ci, bien que non fautifs, n’avaient le choix qu’entre rester dans l’entreprise et supporter une situation illégale et injuste ou démissionner sans aucune indemnité.
Une prise d’acte se matérialise habituellement soit par une lettre informant l’employeur qu’à la suite de ses agissements le salarié considère le contrat de travail comme rompu – c’est la lettre de prise d’acte classique –, soit par une lettre de démission comportant des griefs (reproches) adressés à l’employeur. Les juges refusent en effet d’y voir une véritable démission, celle-ci devant être claire et univoque, c’est-à-dire dépourvue de doléances.
La Cour de cassation étend à d’autres hypothèses la prise d’acte et diminue d’autant le domaine de la démission dont le régime est très défavorable au salarié.
Désormais, une simple lettre de démission dépourvue de tout grief peut être requalifiée en prise d’acte si des circonstances extérieures tendent à démontrer que le départ du salarié fait suite au comportement de l’employeur. La jurisprudence donne deux exemples d’événements antérieurs ou contemporains de la démission permettant de la requalifier en prise d’acte: décomptes de sommes restant à payer, saisine de l’inspection du travail en vue d’un rappel de salaires.
Les griefs n’ayant plus à être mentionnés dans le corps même de la lettre et ne constituant plus ce que la jurisprudence appelait des «réserves» pour être pris en compte, leur seule existence permet d’écarter la qualification de démission et son régime défavorable.
Celle-ci ne peut être motivée que par des raisons personnelles; si elle est la conséquence de violations par l’employeur de ses obligations, elle perd son caractère clair et univoque et doit être requalifiée en prise d’acte.
Cette position peu formaliste renforce la protection des salariés pas forcément au fait du droit et qui n’auraient pas évoqué dans leur lettre les raisons de leur départ de l’entreprise.
Quel est l’intérêt pour le salarié?
Les conséquences pratiques sont très importantes.
En cas de démission, le salarié n’a droit à aucune indemnité de rupture, à l’inverse de l’indemnité compensatrice de congés payés qui lui est due de plein droit.
Le point le plus problématique est son inscription à l’assurance-chômage, celle-ci ne couvrant que les pertes involontaires d’emploi. La jurisprudence a néanmoins étendu le bénéfice de celle-ci aux salariés démissionnaires justifiant d’un motif légitime (par exemple: démission à la suite de la mutation de son conjoint).
En cas de prise d’acte une distinction s’impose, soit les griefs ne sont pas suffisants et il s’agit d’une démission (voir le régime ci-dessus), soit les manquements reprochés à l’employeur revêtent une certaine gravité et il faut en ce cas faire application du régime du licenciement sans cause réelle et sérieuse.
À retenir:
- la démission est un acte emportant des conséquences importantes pour le salarié (absence d’indemnités de rupture, difficultés d’inscription à l’assurance-chômage) dont le domaine a été limité par les juges au profit de «la prise d’acte»; - la volonté de démissionner doit revêtir un caractère clair et non équivoque; celui-ci fait l’objet d’un contrôle judiciaire rigoureux; - un grief (reproche) résultant d’un manquement de l’employeur à ses obligations (non-paiement du salaire) lui fait perdre ce caractère «clair et non équivoque»; - ce grief peut être mentionné dans la lettre de démission ou même désormais provenir de «circonstances extérieures»; - ainsi le salarié qui envoie sa démission à la suite d’un conflit avec son employeur concernant l’exécution de son contrat de travail peut faire requalifier celle-ci en «prise d’acte», qu’il ait mentionné ou non ce qu’il lui reproche dans sa lettre de démission; - le régime de la prise d’acte en cas de griefs suffisants est identique à celui du licenciement sans cause réelle et sérieuse.
CONTRAT DE TRAVAIL
La notion de contrat de travail est apparue au début du XIXe siècle. Au départ, le législateur se méfiait de la référence à la durée indéterminée car il avait peur «d’un retour à la vassalité ou à l’esclavage». C’est pourquoi, à l’époque, le Code civil ne l’admettait que dans la mesure où le contrat puisse «toujours cesser par la volonté d’une des parties contractantes».
DÉMISSION
Le Code du travail ne prévoit aucune forme particulière pour présenter sa démission. Elle peut être verbale, écrite ou résulter d’un comportement sans ambiguïté du salarié. Il est malgré tout préférable de remettre sa démission par écrit et si possible par lettre recommandée avec avis de réception.
09 Juillet 2007
CNE
LA JUSTICE ENFONCE LE CLOU
La cour d'appel de Paris a tranché. Le contrat «nouvelle embauche» est contraire au droit international. Cette décision sonne comme un avertissement à tous ceux qui voudraient assouplir les règles de licenciements au détriment des salariés.
La cour d'appel de Paris n’y est pas allée par quatre chemins. Le contrat «nouvelle embauche» (CNE) est tout simplement illégal au regard du droit international. Saisie d'une décision rendue le 28 avril 2006 par les prud'hommes de Longjumeau (Essonne), qui avaient requalifié un contrat nouvelles embauches en CDI classique (voir notre article du 3 mai 2006), elle a confirmé vendredi que l'ordonnance du 4 août 2005 créant le CNE était contraire aux conventions de l'Organisation internationale du travail. A la lecture des attendus du jugement, la décision pourrait être fatale à ce dispositif qui permet aux entreprises de moins 20 salariés de licencier sans motif pendant les deux premières années. Et au-delà refroidir les tentatives d’instituer les licenciements «express» dans le Code du travail.
Priver le salarié de «l'essentiel de ses droits en matière de licenciement» durant deux ans est une «régression, qui va à l'encontre des principes fondamentaux du droit du travail dégagés par la jurisprudence et reconnus par la loi», a estimé en effet la cour d'appel de Paris, avant de considérer «que le délai de deux années institué par l'ordonnance du 2 août 2005 (n’était pas) raisonnable» par rapport à la convention 158 de l'OIT. Au passage, elle a observé qu’«aucune législation de pays européens, comparables à la France, n'a retenu un délai aussi long durant lequel les salariés sont privés de leurs droits fondamentaux en matière de rupture du contrat de travail». Et surtout, selon la Cour, il est « pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements» alors que «dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier».
Une pierre dans le jardin ultra libéral du patronat, qui l’a mauvaise depuis. Cette «analyse qui est l'une des motivations principales de l'arrêt rendu, me semble être une analyse économique, que je ne partage pas, et non pas une analyse juridique», a réagi la présidente du MEDEF Laurence Parisot. Piquée au vif, la patronne des patrons souhaite carrément «rencontrer le Président de la cour d'appel et les deux conseillères qui ont rendu cette décision, puisqu'ils s'engagent dans l'analyse économique»…pour «débattre» avec eux.
Après avoir eu la peau du CPE dans la rue, les syndicats, eux se félicitent d’avoir ainsi malmené le CNE dans les prétoires. Pour FO qui avait prédit que «le CNE mourrait dans d’atroces souffrances judiciaires», « un nouveau pas est franchi dans cette lente agonie». Rappelant que c’est à son initiative qu’a été soulevée l’incompatibilité du dispositif avec le droit international, la confédération a estimé que «cet arrêt n'est pas sans intérêt» alors que s'ouvre la négociation sur la «modernisation» du marché du travail avec le patronat. Un avis partagé entre autres par la CGT, selon laquelle, «ce jugement raisonne comme un avertissement à tous ceux» qui «seraient tentés de réformer le contrat de travail à partir de caractéristiques calquées sur le CNE».
Le contrat travail (à sens) unique, si cher au gouvernement et au MEDEF, a d’ores et déjà du plomb dans l’aile.
09 Juillet 2007
RÉFORME DE L’INDEMNISATION DES CONSEILLERS PRUD’HOMMES : LA CHANCELLERIE AMÉLIORE SUBSTANTIELLEMENT SON PROJET DE DÉCRET
L’évolution du système d’indemnisation des conseillers prud’hommes est en discussion depuis plusieurs années.
Initialement, le projet de décret de la Chancellerie visait à enfermer les activités prud’homales dans un carcan de temps rigide qui pouvait s’apparenter à une pure forfaitisation.
Ainsi était-il projeté de n’accorder à chaque conseiller prud’hommes rédacteur qu’un maximum de trois heures pour élaborer un jugement quelque soit la complexité de l’affaire.
L’inscription de cette réforme dans une logique purement comptable était inacceptable !
C’est avec ténacité et pragmatisme que nos organisations se sont battues, à l’occasion de plusieurs groupes de travail, afin de faire substantiellement évoluer le projet de texte.
Cela a fini par payer.
Les avancées que nous avons pu enregistrer le 6 juillet 2007, au conseil supérieur de la prud’homie, sont significatives :
- Désormais, le temps consacré à la rédaction d’un jugement peut être porté à cinq heures, sur simple décision non motivée des juges prud’homaux chargés de juger l’affaire.
- Désormais, l’indemnisation au temps réellement consacré à la rédaction est possible sans plafonnement aucun. A la seule condition que le président du conseil (ou de la section dans les gros conseils) ne s’y oppose pas.
Bien entendu, tout n’est pas réglé pour autant. Il conviendra de veiller à ce que le nouveau système tel qu’il est projeté ne conduise pas à générer, malgré tout, des effets pervers ou de très dommageables situations de blocage.
En cela, nous réclamons toujours qu’il soit procédé à une évaluation de la réforme et que les résultats de cette dernière soient régulièrement présentés devant le conseil supérieur de la prud’homie.
Nous resterons donc très vigilants et très attentifs aux évolutions telles qu’elles se dessineront une fois la réforme en vigueur.
COMMUNIQUE COMMUN CFDT / CFTC / CGT-FO / CFE-CGC
10 Juillet 2007
Accès aux soins
LE GOUVERNEMENT MULTIPLIE LES OBSTACLES
Les assurés sociaux vont une fois de plus être mis à contribution via des baisses de remboursements et une augmentation des franchises.
En dépit des critiques syndicales, le gouvernement a «ratifié» tel quel le plan de redressement de la branche maladie de la «Sécu», présenté à la mi-juin par le directeur de l'assurance maladie (CNAM), Frédéric van Roekeghem (voir notre article du 21 juin). Prévoyant 417 millions d'euros d’économies sur un an, ce plan mettra une nouvelle fois à contribution les assurés sociaux, pour 350 millions.
Ainsi, les patients qui consulteront un spécialiste sans passer par le médecin traitant ne seront plus pris en charge qu'à 50% par la «Sécu», contre 60% actuellement. Le fameux forfait institué en 2004, d’un euro par jour quel que soit le nombre de consultations effectuées dans une même journée, sera multiplié par quatre. Enfin, si le malade veut bénéficier du tiers payant (absence d'avance de frais), il devra accepter systématiquement les médicaments génériques. «Ces mesures devraient entrer en vigueur au dernier trimestre de 2007», a précisé la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui travaille déjà à d'autres décisions pour 2008, comme l'instauration de nouvelles franchises médicales.
Pour l’ensemble des syndicats, ce plan de redressement est d’autant plus «injuste» qu'il fait essentiellement reposer l'effort sur les assurés sociaux alors que les difficultés de la Sécu sont avant tout liées à une insuffisance de recettes. «Le creusement du déficit des branches du régime général provient pour partie d'une insuffisance des recettes fiscales destinées à compenser les allègements de charge des entreprises», a souligné la CFDT. FO rappelle que ces « exonérations de cotisations dépasseront 2,6 milliards d’euros en 2007 et 1,45 milliard d’euros de recettes fiscales ne seront pas perçues au titre de leur compensation». Elle réitère «son souhait de voir définitivement imposé la compensation intégrale des exonérations de cotisation et le remboursement de la dette de l’Etat à l’égard de la Sécurité sociale». Pour la CGT, «les difficultés (…) tiennent d'abord à la faiblesse de la croissance économique, qui elle-même s'explique fondamentalement par la faiblesse de l'emploi et des salaires». Tous ont jugé par ailleurs inacceptable de prévoir de nouvelles franchises qui remettraient en cause encore un peu plus l’accès aux soins.
11 Juillet 2007
CNE
UNE DÉCISION DE JUSTICE DURE À AVALER POUR LE PATRONAT
La présidente du MEDEF a diffusé mardi une lettre au juge à l’origine de l’arrêt condamnant le contrat «nouvelles embauches». Elle l’y invite à s’expliquer sur les motivations de son jugement…sans trop s’embarrasser de l’indépendance de la justice.
Le patronat a bien du mal à digérer l’arrêt de la cour d’appel de Paris sur l’incompatibilité du contrat «nouvelles embauches» (CNE) avec le droit international. Estimant que «l'une des motivations principales de l'arrêt» relevait de l’«analyse économique et non pas juridique», la présidente MEDEF Laurence Parisot a diffusé hier le contenu d’une lettre envoyée lundi à l’auteur Jean-Louis Verpeaux, président de la 18e chambre de la cour d'appel de Paris.
Elle lui reproche de s’être permis de fonder en partie son jugement sur le fait que «dans la lutte contre le chômage, la protection des salariés dans leur emploi semble être un moyen au moins aussi pertinent que les facilités données aux employeurs pour les licencier et qu'il est pour le moins paradoxal d'encourager les embauches en facilitant les licenciements». Même «s'il ne m'appartient pas de porter une appréciation sur le fondement juridique de cette décision, le commentaire économique précité qui l'accompagne est à mon sens sujet à discussion», écrit-elle, avant de proposer sans ambages au président de la chambre de le «rencontrer très rapidement pour aborder (...) cet aspect de la question».
Car, a-t-elle expliqué mardi à la presse, il y a là des «arguments qui sont (…) tout à fait contestables». Quitte à porter atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance (article 434-25 du Code pénal)? Pour Mme Parisot, la question ne se pose même pas. «Si le débat est purement économique, nous avons tout à fait le droit de prendre la parole», a-t-elle ainsi affirmé.
Avec cette «convocation» du juge, le MEDEF semble surtout chercher à atténuer la portée de l’éventuelle jurisprudence que pourrait engendrer la décision de la Cour qui condamne visiblement le recours sans limite à la précarité des salariés. Une inquiétude clairement exprimée par ETHIC et CroissancePlus. Ces deux organisations patronales estiment en effet que «la justice vient clairement de remettre en cause la flexibilité en tant que moyen pour encourager et faciliter la création d'emploi».
Le patronat n’est pas au bout de ses peines. La cour d'appel de Bordeaux (Gironde) vient également de juger que, selon la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT), «un travailleur ne devra pas être licencié sans qu'il existe un motif valable de licenciement». Dans cet arrêt, daté du 18 juin mais rendu public hier soir, le juge note qu'il est «intolérable pour un salarié ayant travaillé deux années dans une entreprise de se voir licencier sans motif» en référence à la période dite de consolidation du CNE. Voilà un juge qui risque lui aussi d’être convoqué au tribunal (économique) du MEDEF.
11 Juillet 2007
ABATTEMENT D’ISF SUR LA RÉSIDENCE PRINCIPALE: FORCE OUVRIÈRE DÉNONCE LA PROMOTION DU PATRIMOINE ET DE LA RENTE
La défiscalisation des patrimoines est un des axes forts du projet de loi TEPA actuellement discuté au Parlement, sur lequel Force Ouvrière a exprimé ses plus vives réserves. Les dispositions concernées ne visent pas à rechercher une croissance forte, source de création de richesses et d’emploi, mais à favoriser les placements au détriment de la consommation.
La hausse de l’abattement d’ISF sur la résidence principale de 20 à 30% voté mardi soir et accepté par le gouvernement témoigne du choix de privilégier le patrimoine et la rente. Il constitue un nouveau pas en avant dans la suppression progressive de l’ISF, déjà très affaibli par l’abaissement du seuil du bouclier fiscal.
Force Ouvrière condamne une mesure fiscale qui favorise la rente.
Force Ouvrière dénonce une succession de mesures fiscales qui visent à alléger l’imposition du patrimoine dont les contribuables les plus aisés sont les seuls bénéficiaires.
Enfin, Force Ouvrière rappelle l’urgence d’une vraie réforme fiscale, guidée par les objectifs d’égalité et d’équité, conduisant à réhabiliter un vrai impôt progressif sur le revenu, fonction des capacités contributives.
11 Juillet 2007
PALESTINE : FO PROTESTE CONTRE L’ENLÈVEMENT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA PGFTU
La CGT Force Ouvrière s’associe à la protestation de la CSI (Confédération Syndicale Internationale) à la suite de l’enlèvement dont a été victime Shaher Sae’d, Secrétaire Général de la PGFTU (Fédération générale des syndicats de Palestine).
En effet Shaher Sae’d a été enlevé hier,10 juillet par plusieurs personnes armées et masquées, alors qu’il déjeunait dans un restaurant de Naplouse. Celles-ci l’ont relâché rapidement, après l’avoir menacé afin qu’il se démette de ses fonctions.
Avec la CSI, la CGT FO considère que les libertés syndicales et le respect des normes fondamentales du travail font partie intégrante des droits démocratiques et droits fondamentaux auxquels aspirent légitimement et auxquels ont droit les travailleurs en Palestine.
12 Juillet 2007
Impôts
LE GOUVERNEMENT EMBALLE SON PAQUET FISCAL POUR LES RICHES
Censé relancer la croissance et l’emploi, le texte en cours d’examen au Parlement est surtout un formidable cadeau pour les contribuables les plus fortunés, en faisant notamment de l’ISF une coquille vide.
Les députés examinent depuis mardi le projet de loi gouvernemental sur «le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat». Ce «paquet fiscal» prétend «restaurer la confiance», «stimuler la croissance» et «l’emploi». Le manque à gagner pour le budget de l’Etat est de 13,6 milliards d’euros en année pleine.
On y retrouve les mesures sur les heures supplémentaires : déduction totale du revenu imposable des salariés et réduction des cotisations sociales pour le salarié et l'employeur. Il est prévu également un crédit d'impôt sur le revenu sur les intérêts d'emprunts immobiliers, dont le montant sera égal à 20 % du montant des intérêts d’emprunt payés chaque année. Ce crédit d’impôt concernera tout achat de résidence principale et se limitera aux cinq premières années du prêt.
Le texte supprime en outre la totalité des droits de succession pour le conjoint survivant, via l’abattement personnel pour donation et succession qui passera de 50.000 euros à 150.000 euros pour les enfants. Par ailleurs, le seuil des impôts directs payés par un contribuable – «bouclier fiscal» – sera abaissé à 50%. Cela aura pour effet de raboter un peu plus l’impôt sur la fortune (ISF). Lequel sera également réduit des sommes qui pourraient être investies dans le capital de PME (jusqu’à 75 % des sommes ainsi investies). Si l’on ajoute à cela un amendement rehaussant l’abattement d’ISF sur la résidence principale de 20 à 30%, cet impôt deviendra presque une coquille vide, comme l’a dénoncé FO.
Enfin, ce projet prévoit une réformette des parachutes dorés (copieuses indemnités de départ) et des stock-options (actions gratuites attribuées aux dirigeants d'entreprise). Les indemnités de départ ne seraient plus automatiques, mais versées, selon les performances réalisées tandis que les stock-options seront imposées et leur octroi subordonnés à la consultation du comité d'entreprise et à l’existence de dispositifs d’intéressement ou de participation dans l’entreprise. Le candidat Nicolas Sarkozy avait plaidé pour la suppression totale des parachutes-dorés et la distribution de stock-options à tous les salariés.
Pour convaincre les députés, Mme Lagarde a parsemé mardi son discours de citations empruntées à certains penseurs de l’histoire. Ainsi, a-t-elle cité, cette assertion du philosophe chinois Confucius qui disait «choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie». Sachant qu’ils ne font pas partie des contribuables les plus aisés comblés par ce «paquet fiscal», les salariés apprécieront.
13 Juillet 2007
Commerce
UNE GRÈVE DEMAIN POUR NE PAS «GUILLOTINER» LES DROITS DES SALARIÉS
FO et CGT appellent tous les employés des enseignes qui ont décidé d’ouvrir le 14 juillet à ne pas travailler afin de ne pas brader ce jour férié, dans un secteur où l’on doit toujours travailler plus sans jamais gagner plus.
Comme chacun sait, le 14 juillet est la fête nationale, un jour férié et donc chômé. Dans certains secteurs d’activité, en particulier dans le commerce et la grande distribution, c’est insupportable au nom du credo «ouvrir toujours plus pour gagner plus». C’en est trop, pour les fédérations du commerce FO et CGT qui ont lancé un appel à la grève dans tous les magasins ayant décidé de banaliser ce jour-là. Le mouvement concernera notamment à Paris les grands magasins Printemps et Galeries Lafayette, et, dans la capitale comme en province, les magasins FNAC.
Pour FO, il s’agit à la fois de ne pas laisser «guillotiner» les droits des salariés le jour de la fête nationale sur l’autel du «sacro-saint chiffre d'affaires» et de dénoncer «des conditions de travail toujours plus difficiles», le «nombre de temps partiels sans cesse croissant», des «surcharges de travail», une «polyvalence toujours accrue, jamais reconnue», des «horaires de travail toujours plus tardifs» ou encore des «salaires de base très loin du SMIC».
La CGT s'est jointe hier à cet appel de FO lancé mardi, en invitant «tous les citoyens qui désirent respecter ce jour de fête à boycotter l'ouverture des commerces» un jour férié. Pour les deux syndicats, ouvrir le 14 juillet n'est par ailleurs pas «sans conséquences» sur ce que représente cette journée, si l’on se souvient des «messages forts sur la citoyenneté, le respect des valeurs et des lois de la République» portés par les différents candidats lors des élections présidentielle et législatives.
À moins que lesdits messages n'aient pas été adressés pas à ces patrons du commerce pour qui, de toute façon, la valeur profit primera toujours sur toutes les autres.
13 Juillet 2007
Media
«UNE INFORMATION MALADE, C'EST UNE DÉMOCRATIE EN DANGER»
L’ensemble des syndicats de journalistes ont rédigé une tribune dans laquelle ils dénoncent un certain nombre de «faits alarmants» qui risquent de nuire à l'indépendance» et au «pluralisme de l'information».
Ils interpellent les pouvoirs publics pour qu'un cadre légal garantisse le respect des règles déontologiques. Car, comme l’a souligné le secrétaire général du SGJ FO Tristan Malle, «au cours des derniers mois, jamais sans doute les rédactions n’auront été aussi mobilisées pour défendre les emplois, leurs acquis et tout simplement le droit d’exercer le métier d’informer en toute indépendance».
«Une information malade c'est une démocratie en danger. Parce qu’une presse libre et pluraliste constitue un des piliers fondamentaux de la démocratie, les syndicats de journalistes ont décidé d’unir leurs forces pour défendre son indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs.
Depuis des mois, les syndicats dénoncent l’accumulation de faits alarmants qui représentent une menace fondamentale pour l’indépendance et le pluralisme de l’information en France. Dernier exemple emblématique, Les Echos et la Tribune sont transformés en enjeux d’une vaste partie de "Monopoly" entre les propriétaires des groupes de médias.
Ces mêmes propriétaires affichent sans complexes leurs liens avec le pouvoir politique. Des émissions sont supprimées, des journalistes sont privés d’ondes ou de faisceaux hertziens sans que puisse être mis en cause leur travail: fournir une information indépendante de tous les pouvoirs quels qu’ils soient. D’autres sont soumis à des pressions plus ou moins subtiles pouvant aller jusqu’au chantage à l’emploi, dans un contexte de précarité galopante.
Rarement, au cours des dernières décennies, la presse (écrite, audiovisuelle et multimédia) avait autant couru le risque de devenir le vecteur d’une pensée unique pourtant tant décriée par ceux-là mêmes qui nous gouvernent.
Le statut collectif des journalistes, indispensable garant de leur indépendance, est fragilisé par une réécriture du Code du travail pourtant annoncée comme devant être menée "à droit constant". Instaurée en France par la loi du 29 juillet 1881, découlant des libertés d’expression et d’opinion inscrites dans notre Constitution, consacrée par la Cour européenne des droits de l’Homme, la liberté de la presse se trouve, sinon mise à mal, à tout le moins en grand danger de l’être.
Alors que de profondes mutations, tant technologiques qu’économiques et sociales, sont en marche ou annoncées, plus que jamais la nécessité d’une presse indépendante et de qualité se fait ressentir pour éclairer nos citoyens sur les choix qui engagent l’avenir de la société.
Plus que jamais les journalistes doivent pouvoir être en mesure d’offrir à leurs lecteurs une information libre et plurielle sans laquelle le fonctionnement démocratique d’une nation serait menacé.
Face à cette situation, et parce qu’ils sont statutairement et par vocation chargés de la défense des "intérêts matériels et moraux tant collectifs qu’individuels » de leur profession, les syndicats de journalistes –SNJ, SNJ-CGT, SGJ-FO, SPC CFE-CGC, USJ-CFDT, CFTC– ont décidé d’unir leurs forces pour que soient réaffirmés et reconnus par la loi les principes qui président à l’exercice de ce métier.
Ils interpellent les responsables politiques afin que soit garanti un cadre légal assurant le respect des règles déontologiques de leur profession, pour affranchir les journalistes de la contrainte du profit à n’importe quel prix, credo d’un système qui exige de fournir une information toujours plus aseptisée, et au final vide de tout sens critique.
Ils militeront ensemble pour que les principes professionnels et éthiques deviennent juridiquement opposables, via le rattachement des chartes des droits et devoirs des journalistes à leur convention collective; pour que l’indépendance des rédactions soit juridiquement reconnue et pour que l’intégralité de leur statut soit réinscrit dans la partie législative du Code du travail. Ce sont là les instruments juridiques indispensables pour garantir à la presse sa liberté et son indépendance.
Sollicitée à plusieurs reprises pour un rendez-vous depuis la mi-mai, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication n’a toujours pas reçu les représentants des 38000 journalistes pour faire un tour d’horizon de la situation.
Publiquement, les syndicats de journalistes renouvellent leur demande d’une rencontre urgente. Le citoyen (lecteur, auditeur, téléspectateur) a droit à des débats clairs et compréhensibles.
Il a droit, pour se faire une opinion, comprendre et agir sur le monde qui l'entoure, à une information de qualité, vérifiée et mise en perspective. Une information libre et indépendante de tous les pouvoirs quels qu'ils soient, est la marque d’une démocratie qui se porte bien. Pour porter ces enjeux, les syndicats de journalistes lanceront des initiatives publiques d’envergure à l’automne à Paris et en régions. »
Les secrétaires généraux : Alain Girard SNJ, Dominique Candille SNJ-CGT, Jean-François Cullafroz CFDT, Tristan Malle SGJ-FO, Friedrich Wulz SPC-CFE-CGC, Michel Eicher CFTC»
17 Juillet 2007
«Garantie des parcours professionnels»
PREMIÈRE SÉANCE DE NÉGOCIATION À LA RENTRÉE
Lors d’une réunion sur la méthode et le calendrier de travail, patronat et syndicats ont convenu lundi de se retrouver le 7 septembre pour entrer dans le vif du sujet des négociations sur le marché du travail.
Patronat et syndicats se sont réunis hier pour préparer les futures négociations sur la «garantie des parcours professionnels», dont la première séance de négociation aura lieu le 7 septembre prochain. Il s’agissait de préciser les thèmes des quatre grands chapitres sur lesquels ils seront amenés à discuter : «entrée dans l'emploi», «évolution dans l'emploi», «sortie de l'emploi» et «retour à l'emploi».
Le calendrier et la méthode des discussions – plusieurs groupes de travail se réuniront une fois par semaine après le 7 septembre – n’ont donné lieu à aucun désaccord entre les interlocuteurs sociaux. Ils ont décidé ainsi d’avancer à leur rythme pour pouvoir négocier de façon autonome sur l’ensemble de ces questions. Car, que ce soit du côté patronal ou syndical, on n’a pas vraiment apprécié les pressions du gouvernement pour influencer la trajectoire que devraient prendre leurs discussions. Le Premier ministre François Fillon ou son ministre du Travail Xavier Bertrand ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils souhaitaient voir aboutir ces négociations avant la fin de l’année sur des propositions devant aider à l’institution d’un contrat unique. «L’avenir, c'est (…) le contrat de travail unique» pour «toute nouvelles embauches» en remplacement des «38» contrats existants (CDI, CDD, intérim…), a encore affirmé le 9 juillet M. Bertrand qui a prévenu que «si jamais il y a un enlisement (des négociations à la fin 2007), on prendra nos responsabilités et l’on présentera un texte au Parlement».
Cette sortie du ministre a fini par agacer sérieusement les interlocuteurs sociaux, y compris le MEDEF. Pour la patronne des patrons Laurence Parisot «Xavier Bertrand n'est pas dans la salle de négociation sur la réforme du marché du travail». Jean-Claude Mailly (FO) a lui aussi fait part de son agacement : le gouvernement «ne peut pas nous dire: vous allez négocier OK, mais voilà le résultat de la négociation !», a-t-il martelé.. Pour FO, la question du contrat de travail «ne regarde pas les pouvoirs publics dans l'immédiat». Selon François Chérèque (CFDT) les interlocuteurs sociaux apporteront leur «propre réponse à la question des contrats, mais pas sur la base du contrat unique».
Si tous s’accordent à vouloir défendre la liberté de négociation, cela ne veut pas dire qu’ils se rejoindront sur le fond. Loin de là… A priori, personne ne veut d’un contrat unique tel qu’il a été présenté par gouvernement. Le patronat n’en veut pas car il semble attaché aux souplesses offertes par les contrats atypiques (CDD…) tandis que les syndicats sont plus que jamais attachés aux CDI. Dans ce cadre, le MEDEF plaidera, au nom des patrons, pour la «nécessité» d’un marché du travail flexible en «contrepartie de sécurité pour les salariés». Sachant que la sécurisation des parcours professionnels est l’objet principal des futures discussions, FO a rappelé hier que le salarié et le demandeur d’emploi doivent rester au centre de la démarche et aura à cœur «de négocier un accord offrant aux salariés des droits supplémentaires dans le cadre des garanties collectives». Comme l’a souligné Gabrielle Simon (CFTC), «on voit déjà que les négociations ne seront pas simples».
18 Juillet 2007
EADS
LE SOMMET FRANCO-ALLEMAND ACCOUCHE D’UNE SOURIS
Avalisée lundi par le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, la nouvelle gouvernance du groupe aéronautique et de défense ne répond à aucune préoccupation des syndicats, notamment quant à l'avenir d’Airbus.
Le sommet franco-allemand consacré à la «gouvernance» d’EADS aurait-il accouché d’une souris? C’est le sentiment des syndicats d’Airbus après l'accord Sarkozy-Merkel lundi sur un nouvel organigramme de la direction du groupe d’aéronautique et de défense, dont dépend l’avionneur européen. Devant prendre effet le 1er octobre prochain, cet accord scelle la fin de la structure bicéphale qui voyait chaque poste de direction partagé systématiquement entre les Français et les Allemands. Et que d’aucuns accusaient d'être à l'origine des déboires industriels de l'A380.
Dans la future organisation dite «monocéphale» présenté lundi à l’issue du sommet franco-allemand, l’actuel coprésident exécutif allemand d’EADS Tom Enders prendra la tête d'Airbus, en remplacement du Français Louis Gallois qui lui deviendra président exécutif d'EADS. Par ailleurs, Rüdiger Grube (PDG de Daimler) ne partagera plus la présidence du conseil d'administration d’EADS avec son homologue français Arnaud Lagardère, PDG du groupe privé éponyme. Ce dernier ne siègera donc plus à la direction de ce conseil. Pour ménager les susceptibilités nationales qui n’ont pas disparu, il est prévu également que ces trois postes clefs devront changer de «nationalité» tous les cinq ans.
Pour Jean-François Knepper, délégué syndical central FO-Airbus, «on a fait beaucoup de bruit pour rien. On a pris les cartes et on les a redistribuées (…) Il y a toujours un Allemand et un Français. La dualité existera toujours. C'est un changement quelconque. Ce ne sont pas des nominations mais des renominations. On prend les mêmes et on recommence, mais cela «ne réglera en rien les luttes de pouvoir et d'influence qui vont continuer d'exister». Il déplore désormais le non-respect par Nicolas Sarkozy de sa promesse électorale de renégocier un autre pacte d'actionnaires où l'Etat français (15% du capital) serait mieux représenté au sein du groupe. Dans la nouvelle organisation, Arnaud Lagardère restera notamment le représentant exclusif des intérêts de l'actionnariat français au sein d’EADS alors même qu’il a décidé de se désengager progressivement du capital du groupe pour plus ne détenir à terme que 7,5% des titres d’EADS. De même la question d'une éventuelle augmentation de capital n'a pas été mise lundi sur la table.
Au-delà de la modification de l’organigramme et de ces querelles de pouvoir, «c’est de savoir maintenant ce que nos dirigeants comptent faire», estime Jean-François Knepper avant de souligner que les syndicats n’ont pas obtenu de réponses sur «les vraies décisions» concernant Airbus, à savoir sur le plan «Power 8» qui prévoit notamment des cessions de sites industriels, 10.000 suppressions d’emplois sur 4 ans et un recours accru à la sous-traitance. «On aurait aimé entendre: "on vient de mettre en place une nouvelle gouvernance, nous suspendons Power8 pour repartir sur de nouvelles bases"», regrette ainsi le représentant CFDT Pierre-Henri Coat. Et «dans la mesure où il n'y a pas de décision prise pour revenir à une politique industrielle», selon son homologue de la CGT Xavier Petrachi, «les problèmes vont perdurer».
N’ayant pas renoncé à obtenir le retrait de « power8», la plupart des syndicats français d’Airbus doivent se retrouver maintenant à la rentrée avec leurs homologues européens pour décider d’une nouvelle journée d’actions, dont le principe a été acté le 3 juillet dernier. Les dirigeants d’EADS, quel que soit leur responsabilité ou leur nationalité, devront encore faire face à l’hostilité des salariés à ce plan de déstructuration de leur entreprise.
18 Juillet 2007
IMMIGRATION : DONNER UNE PROTECTION ADMINISTRATIVE AUX TRAVAILLEURS EN SITUATION IRRÉGULIÈRE
Jean-Claude Mailly, Secrétaire Général de la CGT-FO, et Yves Veyrier, Secrétaire Confédéral, ont rencontré, le 17 juillet, Mr Brice Hortefeux, Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Codéveloppement.
A cette occasion et alors qu’un nouveau projet de loi doit être débattu à la rentrée au Parlement, Jean-Claude Mailly a renouvelé la revendication de FO concernant le travail illégal.
Considérant que les travailleurs en situation irrégulière sont avant tout des victimes, FO revendique qu’un travailleur employé illégalement qui entreprend des démarches, en particulier en s’adressant aux confédérations syndicales représentatives, pour faire valoir ses droits bénéficie d’une protection administrative.
Pour FO, qui avait déjà exprimé cette revendication lors des consultations sur la dernière loi sur l’Immigration, du 24 juillet 2006, il s’agit d’inciter les travailleurs embauchés illégalement à faire valoir leurs droits en tant que salariés, sans risquer la menace d’une expulsion et, ainsi, les extraire de l’exploitation sous le chantage de l’employeur.
Pour FO, c’est ainsi que l’on luttera efficacement contre le travail illégal dont sont victimes, et non coupables, les salariés.
FO a mis par ailleurs en garde contre le risque que les mesures tendant à durcir les conditions de l’immigration, notamment en matière de regroupement familial, ne portent atteinte aux droits individuels et ne soient sources de discrimination, à l’encontre des dispositions nationales et internationales en la matière.
Pour FO l’accent doit être mis sur les politiques d’aide publique au développement, notamment dans le domaine économique et social, ainsi que sur les politiques associées à la francophonie dans le monde.
19 Juillet 2007
Santé
L’HÔPITAL MALADE DE SES HEURES SUP’
Depuis la mise en place des 35 heures, plusieurs millions de journées n’ont été ni payées ni récupérées par les personnels médicaux et non médicaux. Travailler plus…
Mis sous le boisseau pendant six mois, un rapport sur les heures sup’ à l’hôpital a été rendu public mardi par le ministère de la Santé. Il révèle que le temps de travail cumulé sur les comptes épargne temps (CET) dans les établissements publics de santé représentait «toutes catégories confondues, plus de 2,2 millions de journées à la fin 2005», soit environ 15 millions d’heures sup’ non payées ni récupérées. Rédigé par Dominique Acker, conseillère générale des établissements de santé, il démontre ainsi les effets pervers des CET qui étaient censés pallier le manque criant de personnel engendré par la mise en place de la réduction du temps de travail (RTT) dans les hôpitaux.
Les CET ont été en effet créés en même temps que les 35 heures afin de permettre aux personnels de la fonction publique hospitalière médicaux et non-médicaux de stocker leurs jours de RTT ainsi que leurs heures supplémentaires non récupérées et non indemnisées. Ils doivent être soldés au bout de dix ans à partir du moment ou le seuil de 20 jours est atteint.
Selon le rapport, en emplois équivalents temps plein, les millions d’heures épargnées à la fin 2005 représentaient 4.800 postes de médecins et plus de 5.800 postes non-médicaux. Monétarisées, elles représentaient environ 534 millions d'euros. Pour les syndicats, le montant de l’addition se situerait même entre 700 et 800 millions d’euros et pourrait avoisiner aujourd’hui le milliard d’euros car les heures supplémentaires continuent de s’accumuler. Et tandis que les compteurs débordent, «le provisionnement des journées accumulées au 31 décembre 2005 (…) n'est que partiellement assuré aujourd'hui dans les comptes des établissements» hospitaliers, soit environ 200 millions d’euros sur 534 millions, constate Mme Acker.
Que faire? «Sans perdre de vue l'objectif de départ – rendre la réduction du temps de travail effective pour tous sans dégrader la qualité des services– le dispositif du compte épargne temps reste un outil indispensable pour accompagner l'aménagement du temps de travail (...). De ce point de vue, autant le rendre attractif et utilisable par tous», recommande le rapport. Parmi «les pistes d'amélioration du dispositif» évoquées figurent notamment la «monétarisation des jours placés en compte épargne temps grâce au fonds pour l'emploi hospitalier», la «récupération des jours épargnés sur le CET par un exercice à temps partiel» et le «départ à la retraite anticipé» et l’assouplissement du délai de prise de congé au-delà de dix ans.
En clair, il faudrait faire ce qui n’a pas été fait jusque-là puisque ces possibilités existent déjà sur le papier. Et qui a justement motivé ce rapport. Comme le souligne la fédération FO des services publics et de santé, il aurait fallu accompagner les 35 heures surtout par des créations de postes. Or aujourd’hui il manque entre 35.000 et 45.000 postes. Pour FO, il serait temps d’apporter des solutions au sous-emploi chronique dans les hôpitaux. La fédération annonce d’ores déjà la tenue de neuf meetings à la rentrée pour la défense de l’hôpital public. Des rendez-vous auxquels le leader de FO Jean-Claude Mailly participera.
Le rapport Acker aura eu au moins le mérite d’officialiser la situation catastrophique du monde hospitalier qui a fait l’expérience avant l’heure de l’inanité du slogan «travailler plus, pour gagner plus» C’est plutôt travailler plus pour gagner moins!
23 Juillet 2007
Pénibilité au travail
DES NÉGOCIATIONS TOUJOURS AUSSI LABORIEUSES
Les discussions butent sur les conditions d’accès des salariés exposés à un éventuel dispositif de cessation d'activité anticipée. Le patronat a proposé une commission médicale pour sélectionner les dossiers. Inconcevable, pour les syndicats.
Les négociations interprofessionnelles sur la pénibilité piétinent toujours autant. Si le patronat a fini par accepter l’idée d’un dispositif de cessation d'activité anticipée «pour ceux et celles qui pendant un certain nombre d'années effectuent des travaux pénibles, et qui, dans certains cas, ont des conséquences sur leur état physique au moment où ils atteignent l'âge de la retraite» (voir notre article du 6 juin 2007), il ne veut pas d’un dispositif ouvert à tous les salariés potentiellement concernés.
«Nous entrevoyons des possibilités de convergences vers un système qui consisterait en un cadre collectif de prise en compte de la pénibilité, incluant une approche personnalisée à partir de l'état des intéressés», a déclaré jeudi le chef de file de la délégation patronale Denis Gautier Sauvagnac, à l’issue de la dernière séance de négociation. Le patronat a proposé ainsi aux syndicats de mettre en place une commission médicale qui sélectionnerait les personnes éligibles au dit dispositif. Dans ce cadre, le droit à une retraite anticipée ne serait lié qu’à l’état de santé des salariés exposés à la pénibilité. Une perspective rejetée par l’ensemble des syndicats (FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT) qui ont fait valoir que les conséquences de la pénibilité sur la santé ne sont pas toujours décelables à l’instar des cancers ou des maladies cardiovasculaires qui mettent des années avant de se manifester.
Comme l’a souligné, Michelle Biaggi, qui plaide pour dispositif collectif, «la pénibilité au travail n’est pas la même chose que les mises en invalidité». Pour Jean-Louis Malys (CFDT), «on peut admettre une forme de vérification individuelle (…), mais on refuse la médicalisation». Selon Éric Aubin (CGT), un environnement professionnel agressif ou un rythme de travail marqué suffisent pour autoriser les salariés à accéder aux mécanismes de réparation. Danielle Karniewicz (CGC) a insisté de son côté pour intégrer le stress dans les critères d’éligibilité.
Pour la prochaine séance de négociation qui a été fixée au 26 septembre, le patronat a demandé à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) de fournir des chiffres sur le nombre de salariés potentiellement concernés et les coûts susceptibles d'en découler. Et ce en fonction de critères figurant dans un projet d'accord rédigé en 2006 : efforts physiques marqués, environnement agressif, rythmes de travail décalés ou de nuit….
Car derrière la proposition de mettre en place une commission médicale se profile l’inquiétude du patronat sur le financement du futur dispositif. Refusant comme toujours de mettre à contributions les entreprises, il attend aussi de savoir si les pouvoirs publics sont disposés à prendre en charge une partie des coûts. De quoi lui permettre de gagner encore du temps. «Ça s'étire», a déploré Michelle Biaggi (FO), alors que «certaines branches, comme le pétrole, ont commencé à négocier à part» sans qu’elles puissent s’appuyer sur un accord-cadre interprofessionnel.
24 Juillet 2007
Service minimum
LES CHEMINOTS SE MOBILISENT LE 31 JUILLET CONTRE LE PROJET GOUVERNEMENTAL
Les syndicats de la SNCF ont appelé jeudi les agents à «participer massivement» à des «initiatives unitaires» organisées mardi prochain «pour exiger le retrait des mesures qui contraignent le droit de grève».
«En raison d’un incident sur la ligne, le trafic des trains est perturbé…». Pour annoncer au mieux un retard ou au pire une annulation de train, le réseau SNCF diffuse régulièrement ce type de message dans ses gares ou ses rames. Et pour cause, les incidents y sont légion. La direction de la société nationale en a recensé ainsi 6.043 au cours de l’année 2006. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, seuls 140 d’entre eux étaient dus à une grève des agents (0,7 % des jours travaillés en 2006) tandis que, dans 1.728 des cas, les problèmes étaient liés à des dysfonctionnements techniques du réseau (avanie de matériel, signalisation défaillante…). Et le reste relevait de causes externes (incidents voyageurs, dégradation, intempérie…). Dans les autres entreprises de transport terrestre (bus, métro, tram), les conflits sociaux n’y sont pas plus nombreux.
Dans ces conditions, quelle est l’utilité du projet de loi gouvernemental sur le «dialogue social et la continuité du service public dans les transports réguliers de voyageurs» que vient d’adopter le Sénat? Si ce n’est, comme le souligne la fédération des cheminots FO, pour «étouffer la contestation sociale» en rendant «virtuel l’exercice du droit de grève dans les transports publics». Un avis partagé par la quasi-totalité des autres syndicats de la SNCF (CGT, CFDT, CFTC, SUD-Rail, UNSA et FGAAC) qui, avec FO, ont appelé les cheminots à se mobiliser pour s’opposer à un tel projet le 31 juillet prochain, au moment où le texte sera discuté à l'Assemblée nationale. Ce jour-là, «des initiatives interprofessionnelles unitaires auront lieu dans les régions, les départements pour exiger le retrait des mesures qui contraignent le droit de grève», ont-ils expliqué jeudi avant de prévenir que d’autres actions pourraient être décidées à la rentrée.
Deux dispositions du texte validé le 19 juillet dernier par les sénateurs illustrent parfaitement, selon les syndicats, l’atteinte au droit constitutionnel de faire grève. La première impose aux salariés de se déclarer gréviste 48 heures avant le déclenchement d’une grève, sous peine de sanction disciplinaire. La seconde institue un vote à bulletins secrets pour décider de la poursuite ou non du mouvement au-delà de huit jours de grève. Une consultation indicative organisée sur demande de la Direction de l’entreprise et/ou d’une organisation syndicale représentative (y compris si celle-ci n’a pas appelé à la grève). Pour les syndicats, ces mesures n'ont d'autre objet que de faire pression, d'intimider et de diviser les salariés entre eux. Quand les promoteurs du projet expliquent qu’elles sont censées permettre aux entreprises concernées de définir les «dessertes à assurer en priorité en cas de perturbation prévisible du trafic» et de dresser un «plan, d'information des usagers». Et ce alors que la plupart de ces entreprises le font déjà plus ou moins.
Comme l’a résumé la confédération FO dans un tract diffusé 50.000 exemplaire dans les gares parisiennes, sous prétexte de d'instaurer un service minimum dans les transports, on restreint le droit de grève et dans le même temps bon nombre de services publics (écoles, hôpitaux, transports publics, etc.) sont en deçà de ce service minimum «faute de moyens et de personnels».
25 Juillet 2007
Fonction publique
RECUL DU POUVOIR D’ACHAT CONFIRMÉ PAR L’INSEE
En net ou en brut, les salaires des fonctionnaires ont bien diminué en 2005, constate l’Institut national dans une étude publié mardi. De quoi conforter les syndicats dans leur combat pour exiger une politique salariale basée sur le point d’indice.
L’érosion du pouvoir d’achat des quelque 1,84 million de fonctionnaires n’est pas une lubie syndicale mais bien une réalité. Selon une étude «sur les salaires des agents de l’État en 2005» diffusée hier par l’INSEE, les agents de l’Etat ont vu leur rémunération manifestement baisser.
Les prix ayant augmenté de 1,8% en 2005, leur salaire net moyen a diminué de 0,9% en 2005 (- 0,2% en brut), d’après cette étude de l’Institut national de statistiques. La rémunération nette moyenne des cadres, à 2.465 euros, a ainsi régressé de 2% en 2005 par rapport à 2004 (-2%), de même que celui des employés (1.600 euros, -0,4%). Le traitement net moyen des professions intermédiaires (1.822 euros) a subi quant à lui une baisse de 0,1%). «Ces fluctuations (…) sont dues à l'évolution de la valeur du point d'indice (qui sert de base à calculer le traitement des fonctionnaires) et aux revalorisations catégorielles qui varient d'une année sur l'autre en fonction des négociations salariales», explique l’INSEE. De quoi apporter de l’eau au moulin des syndicats à l’heure où le gouvernement entend plus que jamais remettre en cause le principe des augmentations générales des salaires publics basées sur la hausse du point d’indice.
«Il faut qu'on parle du pouvoir d'achat d'une manière générale, a déclaré la semaine dernière le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique Eric Woerth. Pour lui, «le point d'indice, c'est-à-dire une sorte de revalorisation généralisée des traitements des salariés, n'est sûrement pas la bonne clé d'entrée, il y a d'autres éléments, il y a le point d'indice, la révision générale en fonction de son expérience et de son ancienneté, il y a les mesures catégorielles, les primes il faut regarder tout cela».
Il veut donc poursuivre la politique amorcée par ses prédécesseurs mais les syndicats n’en veulent pas étant donné ses résultats négatifs sur l’évolution des salaires. «La revalorisation du point d'indice, c'est ce qui permet aux fonctionnaires au minima de maintenir le pouvoir d'achat», lui avait répondu le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, tandis que les syndicats de fonctionnaires lui rappelaient que le point d'indice devait rester la pierre angulaire du pouvoir d'achat.
Une «conférence» sur le sujet est prévue en octobre. Elle devrait permettre, selon M. Woerth, de «se mettre d'accord» avec les syndicats «sur les bases de la négociation salariale». Pour Gérard Noguès (FO-fonctionnaires), alors que la perte du pouvoir d'achat dans la Fonction publique est de 6% depuis 2000, la seule base est le point d’indice dans le cadre d’une vraie négociation salariale et non pas dans une «conférences-débats».
Au regard du contentieux salarial et des récentes annonces sur le service minimum à l’école ou le nombre de suppressions de postes (40.000 aux dernières nouvelles), la rentrée risque d’être tendue pour le ministre. «L'optique du gouvernement, c'est haro sur la fonction publique, et ça ne restera pas sans réaction», a prévenu Gérard Noguès, avant d’annoncer que l’ensemble des syndicats de la Fonction publique ont prévu de se concerter «fin août».
26 Juillet 2007
Droit du travail
LE GOUVERNEMENT VEUT S’ATTAQUER AUX DROITS COLLECTIFS
Le secrétaire d'Etat aux entreprises et au commerce extérieur Hervé Novelli a chargé des patrons pour réfléchir à une réforme des «seuils sociaux» qui servent à définir les obligations financières et sociales dans les entreprises.
Le secrétaire d'Etat aux entreprises et au commerce extérieur Hervé Novelli veut «s’attaquer aux seuils sociaux», nous apprend Les Échos dans son édition de jeudi. En droit du travail, les seuils sociaux ou d’effectifs déclenchent des obligations sociales et financières différentes, selon qu'il s’agit d’une petite, d’une moyenne ou d’une grande entreprise. Ainsi, à partir de tel ou tel seuil, la taxe sur la formation continue devient plus importante, l’élection de représentants de salariés, obligatoire, le règlement en matière d’hygiène et de sécurité, plus strict, le reclassement des licenciés économiques, incontournable, etc. Il existe aujourd’hui plusieurs paliers dans le Code du travail: 10, 20, 50, 250 ou 1.000 salariés.
Pour M. Novelli, il s’agit ni plus ni moins de mettre en musique la promesse électorale Nicolas Sarkozy de neutraliser ces seuils pendant «deux ans» afin d’aider les petites et moyennes entreprises à «s’agrandir» et à «embaucher». Dans ce but, il a installé mardi un groupe de travail composé d'une quinzaine de petits et grands patrons. La structure est chargée de lui faire des propositions réglementaires, fiscales et sociales susceptibles d’alimenter un train d’ordonnance à l’automne.
Le 9 juilet dernier, dans un entretien diffusé également dans Les Échos, le sous-ministre indiquait qu'il comptait « faire souffler un vent de liberté sur l'économie». Il risque de récolter la tempête. Alors qu’ils pourraient avoir leur mot à dire, les syndicats n’ont pas été consultés sur le sujet. Pour René Valladon (FO), «de telles mesures menaceraient un certain nombre de droits collectifs dans les entreprises, ce serait une régression sociale scandaleuse». FO a d’ores et déjà contacté le ministre du Travail, Xavier Bertrand, pour bien lui faire comprendre que toutes mesures allant dans ce sens seraient «inacceptables».
28 Juillet 2007
Commerce
VERS LA BANALISATION DU TRAVAIL LE DIMANCHE
La préfecture des Bouches-du-Rhône a décidé de renouveler pour un an les dérogations pour les magasins de Plan-de-Campagne le temps que la loi change d’ici-là, conformément au projet gouvernemental.
Le 18 juillet dernier, le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence avait enjoint plusieurs grandes enseignes (Castorama, Fly, Conforama et Tati) de «respecter le repos dominical» sous peine d'une astreinte de 5.000 euros par salarié et infraction constatée. Le dimanche suivant, seul Fly a respecté la décision des juges, les autres ayant décidé de passer outre. Toutes ces enseignes sont situées dans la zone commerciale, «Plan-de-Campagne», qui regroupe quelque 400 établissements.
Selon la loi, l’ouverture dominicale des magasins est interdite, sauf dérogation ponctuelle. Ainsi, les magasins de textile et de chaussures sont autorisés à ouvrir certains dimanches dans l'année sur autorisation préfectorale. Mais de nombreux commerces ont pris l’habitude de ne pas respecter la loi poussant les pouvoirs publics à multiplier les dérogations. Cela fait 40 ans que des dizaines de commerces ouvrent ainsi le dimanche à plan de campagne.
Plus de 150 d’entre eux ont été autorisés de nouveau à ouvrir durant un an par la préfecture des Bouches-du-Rhône. Leurs dérogations devant expirées vendredi, elles ont été reconduites automatiquement par le préfet Michel Sappin. «Toute autre décision serait catastrophique pour la zone», a-t-il expliqué, avant d’évoquer de possibles fermetures et licenciements et d’émettre le voeu que durant ce délai, interlocuteur sociaux et élus trouvent un accord pour revenir au «droit commun». Lequel droit commun risque prochainement d’évoluer. Le président de la République Nicolas Sarkozy vient en effet de demander à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de plancher sur «l'autorisation du travail le dimanche pour les salariés volontaires» afin de régler cette question de l’ouverture des commerces.
Pour la fédération FO des employés et cadres, «la tactique semble être de se cacher derrière le commerce pour faire travailler tous les salariés le dimanche, soi-disant sur une base du volontariat qui est un leurre», en particulier pour tous les employés sous contrats précaires. Ne gagnant pas assez les autres jours de la semaine, les employés à temps partiel dans la grande distribution sont de fait contraints de travailler le dimanche. Interrogée récemment à ce propos, Mme Lagarde qui envisge des «facilités» pour l'ouverture dominicale avait répondu que «si les entreprises proposent des temps partiels, c'est qu'elles ne sont pas en mesure de proposer des temps pleins». Elles ne le seront pas plus demain avec l'étalement de l'activité sur 7 jours au lieu de 6. |
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