01 Avril 2007
Folio
La face karchée de Sarkozy
Article paru dans FO Hebdo n°2796
Philippe Cohen – Richard Malka – Riss, aux éditions Vents d’Ouest Fayard, 128 pages, 15 euros.
Une sorte de comédie de l’arroseur arrosé: Nicolas Sarkozy, celui qui cultivait son image autant que son programme, se trouve «imagé» dans un album. «La première BD-enquête», affiche, racoleuse en diable, la couverture. La caricature est féroce, mais le trio qui croque le croque-mitaine s’appuie sur une véritable enquête. Elle a été menée par Philippe Cohen, journaliste à Marianne, auteur avec Pierre Péan de La Face cachée du Monde, ce best-seller qui a fait trembler le quotidien tout-puissant. Elle a été scénarisée par Richard Malka et dessinée par Riss, qu’on retrouve souvent dans Charlie Hebdo.
On s’en doute, la charge est violente. Ce que la plume ne peut révéler que dans les longs développements argumentés de la biographie, de l’analyse psychologique et historique, le crayon le suggère, l’affirme. Souvent de manière péremptoire. Et sur la scène apparaissent les personnages de la vie politique des dernières années, celles de l’ascension du talentueux et ambitieux avocat.
Au long des 128 pages cependant, l’exercice apparaît parfois un peu systématique et les événements trop sollicités pour le plaisir du trait d’esprit ou pour les besoins de la démonstration. Le lecteur sent une volonté de faire entrer les faits objectifs dans une grille d’analyse hyperpolitique. Ainsi le succès du mouvement contre le CPE semble presque autant le résultat des manifestations des jeunes et des salariés que de cette affirmation lancée dans une bulle: «Sarkozy tenait sa revanche: il sabota le CPE de Villepin.» Mais, après tout, c’est un peu une loi du genre et le héros de l’histoire s’est rarement privé d’user des armes que sa position lui conférait.
02 Avril 2007
Emploi
Flagrant délit de tripatouillage statistique
L’office européen Eurostat, a revu sévèrement à la hausse le taux de chômage français affiché sans état d’âme par le gouvernement.
La polémique sur la fiabilité du taux de chômage en France a rebondi de plus belle vendredi avec la publication des chiffres de l’office statistique européen, Eurostat, qui a révisé sérieusement à la hausse les résultats affichés par le gouvernement. Pour le mois de février, celui-ci a établi ainsi le taux de chômage français à 8,8%, contre les 8,4%, annoncés jeudi par le ministère du Travail. Il a également redressé le taux de chômage de janvier à 8,9%, contre 8,6%, selon le gouvernement. Et le taux de chômage moyen sur l'ensemble de l'année 2006 a été relevé à 9,4%, contre 9% selon l'estimation précédente d'Eurostat et 8,6%, d’après le gouvernement.
«Nous avons révisé en hausse de 0,4 à 0,5 point les chiffres du chômage depuis mai 2006» en utilisant les travaux de l'INSEE, a expliqué l’office européen, avant de justifier sa décision d'utiliser la dernière enquête Emploi que la direction de l'INSEE refuse toujours de rendre publique pour des «raisons techniques». Cette enquête est «utilisable» et présente «plus de fiabilité» que les chiffres fournis par les «sources administratives», a souligné Eurostat, qui a rapporté que l'INSEE «avait déjà formulé de telles réserves dans le passé».
Le gouvernement a beau être pris ainsi en flagrant délit de tripatouillage statistique, il n’en démord pas. «Il y a une baisse du chômage passé de 10,2% à 8,4% en deux ans», a martelé le ministre délégué à l'Emploi Gérard Larcher, selon qui, le taux de chômage est le «plus faible enregistré (...) depuis 24 ans, (juin 1983)». Pour le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui s’est s'étonné que Eurostat corrige «comme par hasard, là, tout d'un coup» ses chiffres, cela «fait deux ans que le chômage baisse de 25.000 chômeurs tous les mois» et «tous les mois il y a plus d'emplois». Et, selon le ministre de l’Economie, Thierry Breton, «personne ne peut contester dans notre pays que le chômage baisse significativement depuis des mois». On a coutume de dire que «plus c’est gros, plus ça passe» mais là… la ficelle est un peu trop grosse.
03 Avril 2007
Airbus
Grève et manifestations aujourd’hui à l’appel de trois syndicats
FO, suivie de la CFDT et la CGT, organisent ce matin une demi-journée d’arrêts de travail sur l’ensemble des sites français de l’avionneur européen pour obliger la direction à renoncer à son plan de restructuration «Power8».
Alors que la direction d’Airbus n’a pas changé une virgule à son plan de restructuration «Power 8» (suppression de 10.000 emplois en Europe, dont la moitié chez les sous-traitants, et cession partielle ou totale de six sites industriels) «comment faire croire que ce qui n’était pas bon hier l’est devenu d’un seul coup aujourd’hui?», a demandé lundi FO pour motiver son appel à la nouvelle mobilisation aujourd’hui sur l’ensemble des sites français de l’avionneur européen. Un appel à une demi-journée de grève (de 9 heures à 13 heures) et à des manifestations auquel se sont associées la CFDT et la CGT mais pas la CGC et la CFTC, minoritaires à Airbus, qui «ont refusé» de s'engager dans «un mouvement dur» pour privilégier la «discussion» avec la direction d'Airbus.
«Il est trop tôt pour se lancer dans un mouvement dur. On ne connait pas encore le détail de Power8. On préfère d'abord en discuter point par point. Il est urgent d'en connaître les détails», a affirmé Denis Bertrand (CGC) pour justifier son refus de participer aux actions organisées ce matin. «On ne veut pas fermer la porte à la discussion», a expliqué Gilbert Plo, son homologue de la CFTC, selon laquelle, «Airbus ne peut pas (non plus) se permettre un mouvement dur avec blocage de la production» même si elle «n’est pas d'accord avec tout le contenu de Power8».
Une position que sont loin de partager ceux qui ont décidé de remobiliser les salariés de l’avionneur. «Il n'y a eu aucune évolution sur Power8. Le dialogue avec la direction n'est pas encore instauré, les négociations ne sont pas engagées», a indiqué Pierre-Henri Coat (CFDT). Certes, il y a un nouveau comité européen d'Airbus prévu demain mais il laisse «circonspect» Jean-François Knepper (FO). «La direction va nous présenter l'état des finances d'Airbus et d'EADS (sa maison-mère) ainsi que le processus de déclinaison de Power8. On restera au niveau de la forme sans aborder le fond alors qu'aucune réponse n'a été fournie à la centaine de questions que nous avons formulées», lors des précédentes réunions, a-t-il déploré.
Les dernières déclarations du co-président d'Airbus, Louis Gallois, les ont renforcés dans ce sentiment. «Je veux dire aux salariés qu'on a la chance de réaliser ce plan sans licenciement sec (...) C'est notre carnet de commandes de 2.500 avions qui permet de faire bouger Airbus sans drame social (...) il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain: Airbus reste très puissant, il a devant lui de fantastiques perspectives s'il sait les saisir», a-t-il ainsi déclaré vendredi. L’écouter reviendrait, à accompagner un plan qui «ne tire aucun enseignement des vraies raisons des difficultés d'Airbus» et à «trahir les salariés, après les avoir engagés dans des mouvements d'envergure», a souligné FO, qui n’a pas n’exclu d’autres «actions plus dures, comme un éventuel blocage des chaînes de montage… si la direction persiste».
04 Avril 2007
Airbus
Détermination intacte des salariés français contre «Power 8»
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier aux alentours des sites de l’avionneur européen. Un pari réussi pour les trois syndicats qui avaient appelé à cette mobilisation pour marquer de nouveau leur rejet du plan de restructuration.
Les salariés d’Airbus ont une nouvelle fois prouvé hier leur détermination face à la direction de l’avionneur européen qui refuse de remettre en question son plan de restructuration «Power 8». Ils étaient ainsi plusieurs milliers à manifester, notamment à Toulouse, centre névralgique d’Airbus où environ 4.000 personnes ont défilé dans la matinée entre les usines Jean-Luc Lagardère de Blagnac, site d’assemblage des A380, et l'aéroport international de Toulouse-Blagnac. À Méaulte, dans la Somme, plus de 1.000 personnes ont manifesté pour exiger le maintien des 1.200 salariés de l'usine dans le giron du groupe. Les salariés des sites de Nantes (2.300 salariés) et Saint-Nazaire (1.800) en Loire-Atlantique devaient pour leur part défiler en fin d'après-midi. S’agissant du taux de gréviste, les syndicats l’ont estimé entre 50% et 70%, selon les sites.
«Compte tenu des vacances scolaires, environ 20% des effectifs étaient congés hier sur Toulouse, cette nouvelle mobilisation est un vrai succès, sachant, par ailleurs, que la CFTC et la CGC ont fait voler en éclats notre intersyndicale, en décidant de ne pas s'y associer», a commenté Jean-François Knepper (FO). Son homologue de la CGT, Xavier Petrachi, a déploré de son côté l’absence de ces deux organisation qu’il a accusé «de vouloir casser le mouvement syndical», alors que «la mobilisation des salariés est une condition sine qua non pour faire bouger la direction». En effet, la CGC et la CFTC avaient refusé de se joindre à l’action de mardi en affirmant leur volonté de privilégier le dialogue avec le P-DG Louis Gallois. Sauf que, a répété Jean-François Knepper (FO), «la direction prétend vouloir négocier, mais elle ne saisit aucune de nos ouvertures pour tenter de trouver un compromis (…). Au contraire, elle tente la division des salariés et y parvient partiellement en cassant l'intersyndicale. Mais, nous ne désarmerons pas devant ces procédés».
L’une des revendications syndicales majeures est l’opposition au démantèlement du groupe EADS et d'Airbus, qui semble programmé aujourd'hui avec la vente des sites de Méaulte et Saint-Nazaire. «Louis Gallois nous ment sur l'avenir de Saint-Nazaire et Méaulte. Power8 est seulement le haut de l'iceberg», a souligné Xavier Petrachi (CGT), qui a dit craindre «d'autres mesures à l'image du plan de restructuration de Boeing» dont la plupart des activités ont été externalisées après avoir supprimé la moitié de ses effectifs. «Nous maintiendrons la pression jusqu’à la remise à plat totale Power 8», a averti Jean-François Knepper (FO). À moins que la direction infléchisse sa position, la réunion du comité de groupe européen prévu aujourd’hui a toutes les chances de virer au dialogue de sourds avec la majorité des représentants des salariés.
04 Avril 2007
Vive le TGV mais …
L’AFOC se réjouit du record de vitesse obtenu, par le TGV. Ce résultat est à l’honneur du savoir-faire des cheminots français comme des techniciens et ingénieurs de l’industrie ferroviaire nationale. Ainsi se confirme une technicité de pointe dont on peut espérer des retombées favorables pour notre pays.
Il reste que, pour les voyageurs, une certaine réalité ne se laisse pas oublier. Le développement de la grande vitesse ne doit pas obérer la nécessité d’importants financements publics sur tous les plans.
Les prix du billet augmentent au-delà de l’inflation et ceux qui sont annoncés sur la ligne de l’Est provoquent, d’ores et déjà, une grogne des riverains utilisateurs.
L’état général du réseau français, selon un audit établi en 2005, ne laisse pas d’inquiéter sur plusieurs points. Les lignes régionales, en particulier, n’ont pas été régénérées depuis 50 ans ! la fermeture temporaire pour raison de sécurité de la ligne Neussargues – Béziers, en constitue, le dernier exemple.
Aussi, la SNCF a-t-elle instauré discrètement des ralentissements de sécurité, dont la longueur atteint 800 kms.
Enfin, la banlieue parisienne demeure un élément des plus sensibles. L’exaspération des voyageurs sur certaines lignes de Transilien est permanente. Quoiqu’on fasse, l’image de la SNCF n’en sort pas grandie.
L’AFOC rappelle que, pour elle, le désengagement de l’Etat est une aberration qui bafoue, à terme, les valeurs du service public.
La très grande vitesse ne doit pas nous conduire au train à deux ou à trois vitesses !
05 Avril 2007
Pénibilité au travail
Négociations toujours à la peine
Les interlocuteurs sociaux se sont retrouvés mardi pour relancer des discussions qui bloquent sur le refus patronal de mettre la main au portefeuille.
Le patronat ne semble pas plus disposé qu’hier à sortir de l’impasse dans laquelle se trouvent les négociations sur la pénibilité depuis un an. Associé à la CGPME et l’UPA, le MEDEF a bien remis le dossier sur la table en réunissant mardi les représentants des confédérations (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC), mais il est resté sur les positions qui avaient conduit à la suspension des discussions le 30 mars 2006. En fait, la tenue de cette réunion apparaît surtout comme une réponse polie au gouvernement qui, en janvier dernier, avait fait pression sur le patronat afin de relancer les pourparlers et proposé le soutien technique d'un groupe d'experts du ministère.
Si le patronat consent à faire davantage de prévention et prendre en compte le stress, il se refuse toujours à l'idée d'une cotisation supplémentaire pour financer les départs anticipés des salariés ayant exercé des métiers pénibles. «Tout ce qui augmente le coût du travail dans ce pays pèse sur l'emploi. Or le coût du travail en France -charges sociales comprises et tous secteurs confondus- est supérieur de 10% à la moyenne européenne» a répété mardi Denis Gautier-Sauvagnac (MEDEF). Encore une fois, le patronat «cherche à jouer la montre» a commenté Jean-Christophe Le Duigou (CGT), estimant que «les négociations devraient durer une petite année encore». Même son de cloche du côté de Danièle Karniewicz (CGC) qui a expliqué que les syndicats vont devoir «ferrailler un bon moment» avant de trouver un accord entre tous les interlocuteurs. Étant donné que «le verrou financier n'est toujours pas débloqué», les discussions s’annoncent aussi difficiles qu’auparavant a souligné Michelle Biaggi (FO). «Mieux vaut être optimiste», a-t-elle ironisé. Rendez-vous le 5 juin prochain.
06 Avril 2007
Airbus
La direction espère accélérer son processus de restructuration
Elle voudrait conclure, avant la mi-juillet, la vente des sites envisagée par le plan «Power 8». Lequel prévoit en fait de générer des économies bien supérieures à celles affichées jusque-là.
Les syndicats d’Airbus en ont appris une belle mercredi au cours de la dernière réunion du comité de groupe européen. «Power 8», le plan de restructuration vise en fait à économiser au moins 7,5 milliards d'euros d'ici 2010. Cumulé à l'activité de l’entreprise (8 à 9 milliards d’euros sur la période), il devrait générer en tout 15,7 milliards d’euros. On est loin des chiffres avancé par la direction le 26 février, lorsqu’elle a dévoilé les grandes lignes de ce plan. A l’époque, il s’agissait d’assurer des économies annuelles de 2,1 milliards à partir de 2010 et d’amasser d’ici là 5 autres milliards d’euros de trésorerie. Pour compenser, disait-elle, les pertes liées aux retards de l'A380 qu’elle avait évaluées à 2,8 milliards d'euros.
On comprend mieux alors pourquoi les dirigeants d’Airbus veulent accélérer la mise en œuvre de cette restructuration toujours autant contestée par la majorité des syndicats. Selon Jean-François Knepper (FO), elle a indiqué qu’elle souhaitait conclure avant la mi-juillet les cessions des trois sites de production envisagées par «Power 8», à savoir, Méaulte (France), Nordenham (Allemagne) et Filton (Grande-Bretagne). Les candidats à leur reprise ont d’ores et déjà été invités à faire des propositions financières. En attendant, un prochain comité de groupe européen prévu le 27 avril, deux cabinets d'experts financiers, l’un allemand (EWR), l’autre français (Cadeco) ont été mandatés pour analyser tous les prescriptions de Power8 (amélioration des achats, productivité, etc.), «de façon à connaître précisément les coûts et ce que cela va rapporter effectivement», a par ailleurs précisé Jean-François Knepper (FO).
Selon un porte-parole de l’entreprise, «le processus est lancé (…) avec des demandes et des échanges d'informations» entre représentants du personnel et la direction. Pour autant, rien n’est encore joué. Car les véritables décisions ne pourront être prises qu’après l’élection présidentielle et l’installation du prochain gouvernement sur lequel les syndicats ont bien l’intention de faire pression. En tout cas en ce qui concerne les organisations ayant mobilisé mardi les salariés. «Hier, certains candidats à l’élection présidentielle nous ont apporté leur soutient aux salariés d’Airbus, nous saurons leur rappeler en temps voulu!», souligne FO, avant d’ajouter: «le nouveau Chef de l’Etat devra prendre ses responsabilités pour que l’Aéronautique soit garante de nos emplois et que la France garde les compétences dont elle excelle».
10 Avril 2007
Salaires
Les éboueurs franciliens remportent le bras de fer
Les salariés de SITA Ile-de-France, une filiale de ramassage des ordures du groupe Suez, ont obtenu gain cause après une grève de quatre jours.
Les éboueurs de la société Sita Ile-de-France (groupe Suez) ont repris vendredi dernier le travail après quatre jours d’une grève sur les salaires fortement suivie (plus de 90% de grévistes). La veille, la direction avait fini par consentir une revalorisation salariale de 3% (rétroactive) au 1er janvier et de 0,5% au 1er juillet, soit 3,25% pour l'année 2007. Cela représente 44 euros de plus par mois pour un équipier de collecte des ordures, et environ 57 euros pour un conducteur de benne. Il aura fallu que les ordures commencent sérieusement à s’entasser sur les trottoirs des 180 communes franciliennes où opère SITA pour aboutir à ce compromis accepté par l’intersyndicale (FO, CFDT, CFTC, CGT, CGC, FNCR et CNT.)
«Cela faisait plusieurs années que nos augmentations couvraient à peine le coût de la vie. Avant, on perdait de l'argent, mais aujourd'hui on fait plusieurs millions d'euros de bénéfices. (...) La direction nous a toujours dit "quand il y aura des bénéfices, on fera un effort". C'est ce qu'on demandait», a expliqué Mario David (FO), avant de rappeler que les syndicats revendiquaient 3,5% d’augmentation pour cette année La Sita Ile-de-France, qui emploie environ 2.000 personnes, dont 1.700 ouvriers (chauffeurs, éboueurs, trieurs de déchets, …), a engrangé environ 12 millions d’euros de bénéfices en 2006, elle pouvait en effet faire un geste envers ses salariés, dont la rémunération moyenne tourne autour de 1.300 euros.
Le protocole de fin de conflit prévoit par ailleurs que la première journée de grève sera payée 60 euros tandis que la deuxième sera considérée comme un jour de congé, et les deux autres seraient perdues, et réparties sur les mois d'avril et mai.
11 Avril 2007
Airbus
La priorité va à la rémunération des actionnaires
L’assemblée générale d’EDAS, maison mère de l’avionneur européen, se réunira le 4 mai pour décider ou non de verser un dividende aux actionnaires mais n’aura pas tranché la question d’une augmentation de capital du groupe d’aéronautique et de défense.
Le conseil d'administration d'EADS, maison mère d’Airbus, a débattu d’une question cruciale… le versement ou non d’un dividende aux actionnaires du groupe aéronautique et de défense. La question a tant divisé les administrateurs qu’aucune décision n’a été prise. Selon un document annexé à la convocation de l’assemblée générale annuelle du groupe prévue le 4 mai, en l’absence «d’accord» entre ses membres, le conseil d’administration s’en remet désormais aux «actionnaires, présents à l'assemblée générale, [qui] pourront proposer que le résultat net de l'année fiscale 2006, (…) 99 millions d'euros, soit ajouté aux bénéfices conservés ou distribué sous forme de dividende, entièrement ou partiellement».
Cette question de l’octroi d'un dividende aux actionnaires au titre de 2006 oppose surtout les actionnaires allemands et français d'EADS. Les premiers, en particulier DaimlerChrysler (15% du capital) sont plus que favorables à une telle rétribution alors que les seconds, l’Etat français (15%) et dans une moindre mesure, Lagardère (15%, dont 7,5% en cours de cession) y sont hostiles. Le Premier ministre Dominique de Villepin avait ainsi estimé début mars que «la logique industrielle devait l'emporter sur la logique financière». En pleine campagne présidentielle, il lui était difficile d’adopter une position autre alors que la direction d’Airbus venait d’annoncer la suppression de 10.000 emplois sur quatre ans en Europe (dont près 40% en France) dans le cadre de son plan de restructuration «Power 8».
En revanche, aucune augmentation du capital d’EADS ne sera proposée à l'assemblée générale (AG) des actionnaires. Le document édité hier reste silencieux sur une telle opération. Ce sont les modalités du processus de recapitalisation qui divisent cette fois les principaux actionnaires. L’Etat français aurait souhaité qu’une éventuelle augmentation de capital soit ouverte. Une option que refusent les actionnaires privés (DaimlerChrysler et Lagardère). N’étant pas disposés à mettre la main au portefeuille, ils n’ont pas envie de voir diluer sensiblement leur participation, et par-delà, perdre le contrôle du groupe. C’est pourquoi les deux industriels plaident pour une émission d'obligations convertibles en actions, dont l’avantage serait de ne pas diminuer les parts de chacun. Aujourd’hui, il est très improbable que l'opération puisse aboutir à court terme. Forte d’une trésorerie de 4,2 milliards d'euros fin 2006, la direction d’EADS a d’ailleurs toujours estimé qu’il n’était «pas urgent» d’en appeler au marché. L’urgence, pour elle, résiderait plutôt dans l’accélération de la mise en œuvre de «Power 8».
À part ça, l’annexe à la convocation de l’AG nous donne des nouvelles de l'ancien co-président exécutif d'EADS et ex-PDG d'Airbus Noël Forgeard. Elles sont (très) bonnes. Pour son départ en 2006, il a touché 6.116.585 d'euros, soit deux ans et demi de salaire brut, ainsi qu’une prime de non-concurrence de 2.444.008 millions d’euros. Un joli pactole auquel s’ajoutent les dizaines de milliers de stock-options (entre 135.000 et 297.000, selon la presse).
12 Avril 2007
ALGÉRIE : FO SOLIDAIRE DE L’UGTA
Le Secrétaire Général de la cgt Force Ouvrière, Jean Claude Mailly, vient d’adresser un message de solidarité au Secrétaire Général de l’UGTA (Union Générale des Travailleurs d’Algérie).
Dans ce message, Jean Claude Mailly affirme une fois de plus condamner le terrorisme comme la guerre dont sont systématiquement victimes les travailleurs, leurs familles et la population.
Où que ce soit, rappelle FO, l’un et l’autre se nourrissent mutuellement, et prennent leurs racines dans la misère, les inégalités, le chômage et la précarité.
C’est pourquoi, Jean Claude Mailly rappelle qu’en tant que syndicalistes nous en appelons, tant au plan national qu’international, au respect de la démocratie, des droits de l’Homme et des droits des travailleurs, et à la mise en œuvre urgente de politiques économiques favorisant la croissance et l’emploi, l’augmentation du pouvoir d’achat, ainsi que la préservation et le renforcement ou la mise sur pied de systèmes de protection sociale collective et de services publics, indispensables à la solidarité.
22 Avril 2007
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE: PREMIÈRE RÉACTION
Le taux important de participation exprime une forte mobilisation des citoyennes et citoyens en attente de vraies réponses à leurs préoccupations.
Pour le Bureau Confédéral de Force Ouvrière, il est maintenant essentiel que les débats de fond, tant sur le social (pouvoir d’achat, emploi, protection sociale collective), l’économie ou l’Europe aient lieu.
Conformément à sa pratique et son principe d’indépendance syndicale, Force Ouvrière rappelle qu’elle ne donnera aucune consigne de vote et qu’elle réaffirmera ses positions et revendications.
24 Avril 2007
BTP
PETITES ET GRANDES MANŒUVRES AUTOUR D’EIFFAGE
Les syndicats d'Eiffage organisent demain une journée d’actions pour marquer leur hostilité à l’offre de rachat de leur groupe par un de concurrent espagnol, Sacyr. Ils craignent un démantèlement de l’entreprise.
Les syndicats européens d'Eiffage appellent demain à une journée d'action pour dénoncer le projet de rachat sur 100% du groupe français de BTP par l’espagnol Sacyr, un groupe œuvrant dans le BTP et l’immobilier. Les syndicats français (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO), belges (FGTB, CSC-BI), espagnols (UGT, CC.OO), portugais (CGTP), allemand (IG BAU) et Luxembourgeois (OGB-L) prévoient notamment un rassemblement devant l'Autorité des marchés financiers (AMF) à Paris. Selon eux, si l’offre publique d’échange (OPE) dévoilée la semaine dernière est menée à son terme la construction, l'industrie routière, le génie civil, l'électricité comme l'activité métallique (Eiffel) qui constituent le cœur de métier d’Eiffage ne seront plus à l’abri d’une cession au profit des «nombreux fonds d'investissement qui rêvent de spéculer à court terme au détriment de l'emploi sur nos secteurs».
Comme tous les prédateurs qui ne sont pas encore emparé de leur proie, la direction de Sacyr a assuré dimanche que son projet ne prévoyait «évidemment ni cession ni réduction d'aucune activité, la cohérence du projet étant de permettre aux deux groupes de se développer demain davantage sur l'ensemble de leurs marchés». Ce «rapprochement entre Sacyr et Eiffage est un projet de développement», a-t-elle tenu à ajouter. Selon son offre, le groupe espagnol propose d'échanger cinq actions d’Eiffage contre 12 actions Sacyr entre le 9 mai et le 2 juillet.
D'une valeur de 6,5 milliards d'euros, cette OPE est censée séduire les autres actionnaires d’Eiffage quelque peu échaudés par l’attitude de Sacyr avant l’officialisation de son projet. Après avoir ramassé en catimini un paquet de titres sur le marché – les opérations boursières ont débuté en janvier 2006 – la direction de Sacyr a tardé à dévoiler ses véritables intentions alors que le règlement lui imposait de le faire une fois le seuil de 33% atteint. Elle a attendu le 30 mars pour l’annoncer et réclamé dans la foulée la nomination de cinq administrateurs, soit 17,5% des droits de vote. Une demande rejeté à ce jour par l’Assemblée générale des actionnaires d’Eiffage. Le dossier est maintenant entre les mains de l’AMF qui a ouvert par ailleurs une enquête sur d’éventuelles manipulations des cours d’Eiffage, parallèlement à la montée en puissance du groupe espagnol dans son capital.
Quoi qu’il en soit, pour les syndicats, l’OPE présente «un grand risque pour l'emploi par le démantèlement d’Eiffage et de ses métiers en raison du haut niveau d'endettement» du raider espagnol. Une dette de 18 milliards d'euros, colossale au regard de sa taille (16.000 employés, 4,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires) et surtout de celle de sa proie (56.400 salariés 10,7 milliards d'euros de chiffre d’affaires).
25 Avril 2007
Restauration aérienne
DES CENTAINES D’EMPLOYÉS LAISSÉS SUR LE TARMAC
La liquidation judiciaire lundi de LSG Gate Gourmet, société de livraison de repas dans les avions, va entrainer le licenciement de 855 salariés. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly exige des pouvoirs publics leur reclassement.
La justice a prononcé lundi la liquidation de la société de restauration aérienne LSG Gate Gourmet. Une décision lourde de conséquence pour les 855 salariés qui vont être licenciés sans qu’aucune mesure de reclassement ne soit prévue. Pourtant, les déboires de cette entreprise œuvrant à la préparation et la livraison de repas à l’aéroport Roissy ne datent pas d’hier. Avant d’être placée en cessation de paiements le 8 mars dernier, LSG Gate Gourmet avait en effet engagé en décembre 2006 un plan de restructuration qui a échoué. Depuis, les syndicats n’ont eu de cesse d’en appeler à la responsabilité du principal actionnaire, la Lufthansa (compagnie aérienne allemande) et d’alerter les pouvoirs publics sur le désastre social qui se profilait.
«Nous sommes écœurés, le gouvernement n'a pas levé le petit doigt pour nous», a réagi Omar M'Baye, délégué syndical FO. «Nous n'avons aucun contact depuis plusieurs mois avec les actionnaires (ou) notre PDG» alors que la perspective de la liquidation de la société se précisait, a déploré Jean-Michel Bruley, son homologue de la CGT. Pour FO, «il est désormais urgent que tous les acteurs de la vie politique et sociale (…) se mobilisent pour pallier à la défaillance des actionnaires de cette entreprise».
Apportant «tout son soutien aux salariés» de LSG Gate Gourmet, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, est monté hier au créneau pour exiger des pouvoirs publics qu'ils «s'impliquent» maintenant dans la mise en place d'une cellule de reclassement «afin que des solutions pérennes soient trouvées pour l'emploi des salariés». Il a indiqué qu’une demande dans ce sens sera présenté dès aujourd’hui au gouvernement. Car, pour les syndicats de l’entreprise, il existe d’ores et déjà des possibilités de reclassements, notamment chez le concurrent Servair qui est «surbooké de boulot» après avoir récupéré tous clients de LSG Gate Gourmet.
26 Avril 2007
Eiffage
MANIFESTATION DES SALARIÉS CONTRE LE RAID DE SACYR
Des centaines d’employés européens de l’entreprise de BTP se sont rassemblés à Paris pour défendre leur emploi et s’opposer à l'Offre Publique d'Échange lancée par le groupe espagnol, qui équivaut à une véritable prédation.
«Les salariés ne sont pas à vendre !». Tel est l’un des slogans scandés hier matin à Paris, aux abords du siège de l'Autorité des marchés financiers (AMF), par des centaines d’employés européens d’Eiffage. À l'appel d’une intersyndicale regroupant les syndicats français, belges, espagnols, portugais, allemands et luxembourgeois, ils étaient venus manifester leur hostilité au raid ourdi par le groupe espagnol Sacyr.
En fin de matinée, l’intersyndicale a été reçue par l'AMF, le gendarme de la Bourse chargé d’examiner l'offre publique d’échange (OPE) déposée la semaine dernière par Sacyr. Les syndicalistes n’ont retenu de cette rencontre que le fait que la décision de l’Autorité boursière sur la validité de l’OPE ne sera pas connue avant plusieurs semaines. D’où leur crainte de voir maintenant trainer le dossier jusqu’à l'été alors que les tensions ne cessent de monter entre Eiffage et son prédateur. Après le rejet lundi, de l'offre de Sacyr (33,32% du capital) par le conseil d'administration du groupe français, l’affrontement entre les deux groupes s’est déplacé sur le terrain judiciaire. Eiffage a ainsi déposé mardi une plainte pour «défaut de déclaration de franchissement de seuil [de 33% du capital] et diffusion d'informations fausses et trompeuses, contre l'ensemble des co-auteurs ou complices des infractions afin qu'ils soient identifiés ou poursuivis». Le même jour, Sacyr a de son côté saisi la justice pour se «faire délivrer (les) délibérations de l’assemblée générale» d’Eiffage du 18 avril dernier qui l’ont privées des droits de vote qu’il réclamaient après l’augmentation de sa participation dans le capital du groupe de BTP français.
Par ailleurs, le P-DG d’Eiffage, M. Roverato, a dénoncé les «maigres synergies» d’une OPE où Sacyr «apporterait ses dettes» tandis que son entreprise apporterait le «savoir-faire». Le niveau d'endettement (18 milliards d'euros) et les perspectives financières de Sacyr qui reposent essentiellement sur les gains éventuels de son activité immobilière en Espagne – activité hautement spéculative s’il en est – alimentent également les suspicions des syndicats. Pour eux, ce groupe lorgne les activités stables et lucratives d'Eiffage (Autoroutes Paris Rhin-Rhône et Area récemment privatisées). Ils craignent à terme le démantèlement de leur entreprise via la vente de ses branches réputées moins porteuses sur les marchés financiers. Et les syndicats de souligner que «l'emploi est une chose trop précieuse pour être laissé au gré de la spéculation boursière».
27 Avril 2007
QUATRIÈME JOURNÉE INTERNATIONALE DE COMMÉMORATION DES TRAVAILLEURS MORTS ET BLESSÉS AU TRAVAIL
Le 28 avril a été proclamé officiellement Journée internationale de commémoration en 2004 par la CSI. La confédération générale du travail Force Ouvrière s’associe à cette commémoration.
La confédération Force Ouvrière tient à cette occasion à rappeler, qu’en France, un salarié sur quatre a été exposé à des agents cancérigènes dans son univers professionnel sur les quatre dernières années. Chaque jour, un million de personnes sont au contact de l’un des 1.500 produits potentiellement cancérigènes, dont 17% des ouvriers. Ces produits sont à l'origine de plus de 8% de tous les cancers, soit environ 20.000 nouveaux cas et plus de 15 000 décès par an, presque deux fois plus que les accidents de la route!
Une enquête de l'OMS montre que les cancers professionnels semblent représenter 1% de l'ensemble des cancers. En France, le Ministère du Travail et de la Santé estime ce chiffre à 3%. Aux États-Unis, les experts du National Cancer Institute prédisent que dans les années à venir, 30% des cancers pourraient être dus à une exposition professionnelle, ce chiffre ayant été avancé uniquement à partir des données concernant l'exposition à six types de matériaux: l'amiante, l'arsenic, le nickel, le chrome, le benzène, certains dérivés du pétrole.
La confédération Force Ouvrière souhaite réaffirmer qu’il est nécessaire de:
- renforcer les effectifs et les moyens de la médecine du travail ;
- renforcer la recherche et la prévention en matière risques professionnels ;
- donner les moyens nécessaires aux institutions représentatives du personnel, et notamment aux CHSCT, pour qu’elles puissent accomplir leurs fonctions d’information et de formation des salariés ;
- renforcer les actions de prévention au sein des petites et moyens entreprises ;
- établir des normes internationales en matières de santé au travail plus contraignantes, et notamment l’interdiction mondiale de l’utilisation de l’amiante.
27 Avril 2007
Airbus
LE RAS-BOL DES SALARIÉS FACE AU «DEUX POIDS, DEUX MESURES»
Après l’annonce mercredi du versement d’une prime de participation ridicule (2,88 euros en moyenne), plusieurs centaines d’employés de l’avionneur ont cessé spontanément le travail.
Les salariés d’Airbus n’en finissent pas payer les errements de la direction de l’avionneur européen. L’annonce avant-hier du versement d’une prime de participation au bénéfice plus que dérisoire – 2,88 euros en moyenne au titre de 2006 – est le dernier épisode en date. Pour marquer leur ras-le-bol, plusieurs centaines d’entre eux ont débrayé spontanément mercredi et jeudi.
La direction s’est confondue en explications. Elle a affirmé hier que le montant de cette prime «est purement comptable» dans la mesure où la «loi impose de verser des participations quand une entreprise gagne de l'argent». Or, a-t-elle expliqué, avec «trois sociétés: Airbus France, Airbus SAS (le siège), qui ont fait de lourdes pertes, et AMSL (Airbus militaires)» qui «a fait un petit résultat positif de 114.000 euros cette année», la règle veut que la participation varie cette année de 2 à 10 euros selon le salaire des employés, soit 2,88 euros en moyenne par personne.
Le problème, selon les syndicats, n’est pas le mode de calcul, légal ou non, du montant de la participation mais le «deux poids, deux mesures» de la direction. Pour eux, il y a d’un côté des dirigeants responsables des déboires d’Airbus remerciés avec des primes et un paquet de stock-options, et de l’autre, la masse des employés irréprochables à qui on verse une aumône tout en en leur demandant d’accepter sans broncher un plan massif de réduction d’emplois pour faire des économies, 10.000 suppressions de poste, dont 4.300 en France (voir nos articles des 11 et 12 avril 2007).
«Les salariés ne veulent pas d’une aumône de quelques euros! Cette annonce est une honte et une provocation, qui s’ajoute à celles parues récemment, concernant les salaires et primes diverses perçues par l’ensemble des patrons de toutes nationalités, ayant quitté récemment AIRBUS ou EADS (maison-mère de l’avionneur européen)», s’est indignée FO, qui a expliqué que les «salariés sont d’autant plus révoltés par cette situation» qu’ils «ne portent aucune responsabilité dans la crise d’Airbus».
Face à cette situation, Jean-François Knepper, délégué central FO de l’avionneur européen, a indiqué avoir envoyé un courrier à Louis Gallois, P-DG d'Airbus pour lui demander l’octroi d’une prime compensatrice substantielle, comme cela avait déjà été le cas en 2005. L’an dernier celle-ci oscillait entre 1.200 et 1.800 euros. Histoire d’annuler les effets désastreux de la décision de mercredi.
29 Avril 2007
Emploi
LA MARTINGALE GOUVERNEMENTALE
Alors que les vrais chiffres du chômage ne seront pas connus avant l’automne, le ministère du Travail a publié ses dernières estimations mensuelles qui font état d’une baisse sans précédent. Et ce malgré les protestations des professionnels.
Les derniers chiffres du chômage ne sont pas plus crédibles que les précédents. Qu’importe! Le ministère de l’Emploi les a quand même diffusés. À l’en croire, le taux de chômage s’est établi en mars 2007 à 8,3 % de la population active (- 1,4 %, par rapport à février). En un mois, le nombre de demandeurs aurait baissé de 29.500 chômeurs… excusez du peu ! Selon le gouvernement, on est ainsi revenu au niveau enregistré il ya 25 ans. Un tel reflux du chômage est bien entendu invraisemblable, dans la mesure où ces «estimations provisoires» ne tiennent toujours pas compte des résultats de l’enquête Emploi de l’INSEE contredisant le niveau des baisses affichées, qui a été mise sous le boisseau jusqu’à l’automne (voir notre article du 23 avril 2007).
Jeudi dernier, le jour de la diffusion des estimations du mois de mars ont été rendues publiques, des dizaines de chargés d'études et de chercheurs de la Direction de l'animation de la recherche et des statistiques du ministère de l'Emploi (DARES) se sont mis en grève. Selon les syndicats (FO, CFDT, CGT, autonomes) à l’origine de ce mouvement, il s’agissait pour eux de marquer leur refus de légitimer des données susceptibles de tromper l’opinion et de voir leur travail décrédibilisé à jamais par la confusion ainsi entretenue par le gouvernement.
Leur préoccupation est partagée par un certain nombre d’utilisateurs des statistiques de l’emploi. Une quarantaine de sociologues, d’historiens et d’économistes ont en effet publié mercredi une lettre ouverte pour dénoncer la parution de chiffres autant sujets à caution. «L'affichage d'un taux de chômage artificiellement bas relève de la manipulation de l'opinion publique, alors que les périodes électorales devraient être des moments de transparence sur le bilan des politiques menées», ont-ils écrit, avant de rappeler que «les données de l'ANPE, à la suite de modifications administratives, ne sont plus en l'état exploitables (…) et conduisent à une sous estimation forte du taux de chômage». La missive a été cosignée par plusieurs grands noms de la recherche française tels que le sociologue de l'éducation Christian Baudelot (ENS), l'historien de la statistique Alain Desrosières, l'économiste Bernard Gazier (université Paris 1), ou Thomas Piketty (EHESS), cofondateur de l'Ecole d'économie de Paris (PSE). Une démarche guidée par leur seul souci de maintenir la «qualité et la crédibilité des statistiques de l’emploi».
30 Avril 2007
Les manifestations du 1er Mai
FO POUR L’INDÉPENDANCE SYNDICALE
La journée internationale de revendication et de solidarité des travailleurs tombe entre les deux tours de la présidentielle. La Confédération Générale du Travail Force Ouvrière ne donnera pas de consigne de vote, ni directe ni indirecte.
Avec des dizaines de défilés et rassemblements dans tout le pays, le 1er Mai 2007 ne faillira pas à la tradition. Cette année, il intervient entre les deux tours de l’élection présidentielle et la tentation est forte d’écorner l’indépendance syndicale dont les confédérations se revendiquent. Depuis peu pour certaines d’entre elles.
FO, pour sa part, a décidé de ne donner aucune consigne de vote, ni directement, ni indirectement. À Paris, les militants défileront à partir de 11 h 30 de la Place d’Italie à la Place de la Commune de Paris (le rendez-vous est donné à l’angle de la rue Bobillot).
Dans l’éditorial à paraître dans le prochain numéro de FO Hebdo, Jean-Claude Mailly, relève que Bernard Thibault (CGT) a donné «une consigne de vote» implicite en faveur de Ségolène Royal, en concentrant ses critiques sur le seul Nicolas Sarkozy. Quant au leader de la CFDT, il a profité d’une interview dans Les Échos pour montrer qu’il était en train de pencher pour Nicolas Sarkozy». Le responsable de FO souligne que l’indépendance réelle implique de ne donner aucune consigne, sous quelque forme que ce soit.