31 MARS 2006
Incompréhensible et inacceptable !
Pour Force Ouvrière, l’intervention du Président de la République est incompréhensible et inacceptable.
Comment comprendre que le Président en appelle au respect du Parlement pour justifier le choix de la promulgation alors que dans le même temps il le contraint à la discussion d’une deuxième loi ?
L’annonce d’une nouvelle loi ne fait que confirmer les affirmations du Premier ministre repoussées par les organisations syndicales.
En décidant de promulguer la loi d’application directe, il maintient le CPE rejeté massivement par les jeunes et les salariés.
Pour Force Ouvrière qui, avec les autres organisations, demandait l’intervention du Président de la République pour une deuxième lecture, permettant de retirer le CPE, ce passage en force est inacceptable.
Le Premier ministre ayant refusé, depuis le début, le dialogue social, élément essentiel de la démocratie, les déclarations du Président de la République n’apparaissent pas de nature à le rétablir.
Dans ces conditions, Force Ouvrière réitère son appel à la grève, arrêts de travail et manifestations, le 4 avril prochain.
31 MARS 2006
Chômage
Où est donc l’effet CNE?
Le ministère du Travail annonce le chiffre de 155 000 chômeurs de moins en 11 mois, ce qui devrait correspondre à autant de créations d’emplois.
Si, statistiquement parlant, ce chiffre est exact, il convient de le compléter des données annuelles comparées, en terme d’évolution de l’emploi salarié:
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2004 |
2005 |
Soit |
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CDD |
1 688 000 |
1 713 000 |
+ 25 000 |
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int rim |
492 000 |
548 000 |
+ 56 000 |
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Apprentis |
301 000 |
335 000 |
+ 34 000 |
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TOTAL |
+ 115 000 |
Si tout était égal par ailleurs, ce qui n’est pas le cas, nous aurions un solde d’emplois de +40.000 qui pourrait laisser penser que ce sont des CDI ou des CNE.
Cependant, les chiffres des radiations pour «absence au contrôle» ont fortement progressés, en 2005 par rapport à 2004, d’environ 10.000 par mois.
Au surplus, on note que les emplois à temps partiel ont augmenté de 168.000 sur l’année.
Pour Force Ouvrière, la traduction est évidente: une pression accentuée sur les chômeurs les conduit à accepter un emploi toujours plus précaire.
Au moment où la contestation du CPE s’amplifie encore, le gouvernement devrait plus que jamais se montrer attentif au développement de la précarité, alors que personne ne peut, à ce jour, démontrer une quelconque «efficacité» du CNE.
Pour Force Ouvrière, la mobilisation des salariés, des étudiants et des lycéens, au-delà de la sécheresse des chiffres, traduit mieux que toute analyse statistique, la perception de la précarité rampante qui les menace.
30 MARS 2006
Interpellation de Karl Stœckel Force Ouvrière assure les étudiants et lycéens de son soutien
Informé de l’interpellation, ce jour, de Karl Stœckel, secrétaire général de l’Union nationale des lycéens et d’autres lycéens, Force Ouvrière exprime sa plus vive indignation et inquiétude.
La situation actuelle exige d’autres moyens que la multiplication de mesures de répression à l’égard du mouvement étudiant et lycéen.
Force Ouvrière assure les étudiants et lycéens de son soutien.
29 MARS 2006
Mouvement anti-CPE
Les cinq confédérations syndicales écrivent au président de la République
Les secrétaires généraux et présidents de FO, de la CGT, de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC demandent une nouvelle lecture au Parlement de la loi sur l'égalité des chances dont soit retiré "notamment l’article 8 relatif au Contrat Première Embauche". Le texte intégral de la lettre.
Paris, le 28 mars 2006
Monsieur Jacques CHIRAC
Président de la République
Palais de l’Elysée
75008 - PARIS
Monsieur le Président,
Le 16 janvier 2006, sans la consultation préalable que prévoit la loi du 4 mai 2004, le Premier Ministre a annoncé le projet de Contrat de Première Embauche après avoir mis en place, sous les mêmes modalités et par voie d’ordonnance, le Contrat Nouvelle Embauche.
Contrat précaire, stigmatisant pour les jeunes, préfigurant une remise en cause du CDI et du Code du travail, le CPE est devenu synonyme de précarité. Il est rejeté par la totalité des syndicats de salariés et la majorité des syndicats d’étudiants et de lycéens.
Lors de la rencontre que nous avons eue avec le Premier Ministre, le vendredi 24 mars, nous lui avons indiqué que nous demandions le retrait du CPE afin de rétablir un climat d’apaisement indispensable à un dialogue et des négociations sur les questions de fond : l’emploi, la précarité et les accès à l’emploi et à la formation professionnelle des jeunes.
Devant l’absence de compréhension du Gouvernement depuis deux mois nous avons, à différentes reprises, mobilisé avec à chaque fois une participation de plus en plus importante. Le 28 mars, ce sont près de trois millions de personnes qui ont manifesté sur tout le territoire et de nombreux salariés du privé et du public qui ont fait grève.
Nous vous demandons, Monsieur le Président, d’apprécier combien la crise actuelle est source d’exaspération et de tensions dans le pays.
Attachés aux valeurs républicaines et démocratiques, nous vous saisissons solennellement afin qu’en application de l’article 10 de la Constitution, vous demandiez au parlement une nouvelle délibération de la loi égalité des chances excluant notamment l’article 8 relatif au Contrat Première Embauche.
C’est, pour les cinq confédérations syndicales, la condition nécessaire et indispensable à l’ouverture rapide du dialogue social auquel nous souhaitons participer et qui est actuellement totalement bloqué.
Dans l’attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de notre considération distinguée.
CGT
Bernard THIBAULT
CFDT
François CHEREQUE
FO
Jean-Claude MAILLY
CFE-CGC
Jean-Louis WALTER
CFTC
Jacques VOISIN
27 MARS 2006
Contrat Première Embauche
Mobilisation sans a priori et sans réserve demain
À la veille de la journée anti-CPE, le flot s’est grossi. De nouvelles entreprises sont annoncées en grève et on en est à quelque 200 manifestations prévues dans le pays.
Le dialogue «sans a priori» sur le CPE du Premier ministre ayant fait long feu (de paille), place à l’action…sans a priori. Les 12 organisations de salariés, d'étudiants et de lycéens, hostiles au dispositif précaire (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, UNSA, Solidaires, UNEF, Confédération étudiante, FIDL, UNL) appellent demain à faire grève et à manifester. Une mobilisation qui s’annonce déjà comme la plus importante depuis le début du mouvement il y a deux mois. Les quelque 200 manifestations prévues mardi dans toute la France devraient en effet faire largement le plein à la faveur notamment des centaines d'appels à débrayer.
Avec des préavis de grèves déposés à la SNCF, la RATP, dans les réseaux urbains de province de 76 villes ou dans l'aérien (Direction générale de l'aviation civile, ADP, Air France, sociétés de sûreté de Roissy et d'Orly), les transports publics devraient particulièrement être affectés. Les appels à cesser le travail toucheront le secteur public dans son ensemble (Fonction publique, Éducation nationale ANPE, Poste, EDF et Gaz de France) mais aussi le privé (Télecoms, banque, métallurgie, tabac…). Les medias ne seront pas «épargnés» non plus : débrayages aujourd’hui des journalistes de midi à minuit «en amont de la grève nationale» de l’AFP, «journée sans informations» mardi dans l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France) et dans la presse écrite (les quotidiens se feront rares demain dans les kiosques). Alors que plus d’une soixantaine universités et des centaines de lycées restaient lundi touchées par des blocages à des degrés divers, la mobilisation des étudiants et des lycéens devrait encore montée d’un cran mardi.
Vendredi, lors d’une rencontre à Matignon entre les cinq confédérations de salariés et le Premier ministre, Dominique de Villepin, le dialogue «sans a priori» promis la veille a tourné court. Il «n'a pas pris la mesure de la situation de tension qui existe dans notre pays» alors qu'«on a essayé de (lui) faire comprendre au que nous étions tous prêts à ouvrir des négociations, à condition bien évidemment qu'il ne nous impose pas le CPE», avait observé François Chérèque, (CFDT), avant de déplorer qu’il n’ait rien proposé, hormis «d'aménager le CPE ce qui n'est pas acceptable pour les organisations syndicales».
M. de Villepin s'était dit prêt samedi à «répondre» aux «deux préoccupations majeures» sur le CPE (période d'essai de deux ans et la rupture sans motif) à l'issue d'une rencontre avec des organisations d'étudiants – la FAGE qui est opposée mais peu impliquée dans la mobilisation et l’UNI proche des visées gouvernementales – qui avaient accepté de le voir.
Il n’y a toujours pas «d'ouverture» a commenté dimanche Bernard Thibault (CGT), ironisant sur le fait que le Premier ministre avait «mis six mois à identifier les deux critiques» sur le CPE qui avait été émises sur le contrat «nouvelles embauches» (CNE) dont les spécificités sont identiques. Pour la CGT, «c'est admettre qu'on n'a plus besoin du CPE dans la législation française» et il «faut à la fois retirer le CPE et rediscuter du CNE».
Après huit semaines de bras de fer avec le gouvernement Jean-Claude Mailly (FO) voit désormais dans ce conflit, la manifestation d'une véritable «crise sociale». Une « crise plus large», selon lui, car «tout le monde comprend bien que le CPE aujourd'hui, c'est demain la remise en cause du code du travail, du CDI, des statuts dans la fonction publique, tout ça est lié, le CPE est devenu synonyme de précarité».
25 MARS 2006
CPE
Matignon prouve son entêtement
Malgré le pas que les syndicats ont fait vers lui en allant lui dire ce qui les motive, le Premier ministre refuse de retirer le Contrat première embauche. Une mobilisation accrue se profile, avec une paralysie du pays mardi prochain, 28 mars.
Enfermé dans sa logique formelle, le Premier ministre, Dominique de Villepin n’a pas entendu les arguments que les cinq confédérations syndicales lui ont présentés hier à l’hôtel Matignon. Il a refusé de retirer le CPE. Les secrétaires généraux et présidents de FO, de la CGT, de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC avaient accepté de le rencontrer après l’avoir entendu dire qu’il ouvrirait une discussion «sans a priori» sur le CPE. La discussion a tourné court, les syndicats n’ayant obtenu que l’acceptation d’une entrevue entre le Premier ministre et les syndicats d’étudiants et de lycéens pour ce matin.
Les principales organisations étudiantes et lycéennes ont décliné vendredi soir l'invitation à cette rencontre. Le refus manifesté par le chef du gouvernement n’est sans doute pas étranger à cette décision, qu’elles devaient expliquer ce matin.
Le refus de Matignon intervient après une annonce de dialogue «sans a priori». Il confirme en fait l’«a priori» de maintien du CPE sur quoi se bloque le gouvernement alors que le rejet du CPE continue de prendre de l’ampleur dans le pays.
À l’issue de la réunion de vendredi après-midi, Jean-Claude Mailly (FO) a soupçonné «le gouvernement de miser sur l'enlisement», et a annoncé une «amplification du mouvement» après la journée d'action de mardi. Tous les leaders syndicaux, soudés sur l’objectif du retrait du CPE, ont marqué, chacun à sa manière, la volonté d’accentuer la mobilisation lors de la journée du 28 mars. Ils ont ainsi confirmé la déclaration faite le matin même par les douze organisations syndicales de lycéens, d’étudiants et de salariés, qui «considèrent que plus que jamais l'amplification de la mobilisation est décisive pour obtenir le retrait du CPE». Les syndicats ajoutent qu’«après le succès de la mobilisation du 23 mars dernier qui démontre la mobilisation de la jeunesse, l'ensemble des organisations syndicales appelle le 28 mars à une puissante journée d'action interprofessionnelle avec arrêts de travail, grèves et manifestations».
Un nombre impressionnant d’appels à faire grève le mardi 28 mars annonce d’ores et déjà cette journée comme une échéance décisive, où les grévistes, paralysant le pays et manifestant pour le retrait du CPE, répondront à l’entêtement du Premier ministre.
24 MARS 2006
UNEF, CÉ, UNL, FIDL, CFDT, CFE CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA
Déclaration des organisations syndicales d'étudiants, de lycéens et de salariés
Conscientes de la gravité de la situation dans laquelle le pays est plongé à cause de l'obstination du Premier Ministre, elles rappellent qu'une sortie de crise doit passer par le retrait du CPE.
Conscientes de la gravité de la situation dans laquelle le pays est plongé à cause de l'obstination du Premier Ministre, elles rappellent qu'une sortie de crise doit passer par le retrait du CPE.
Les organisations syndicales s'adressent encore une fois solennellement au gouvernement pour qu'il réponde dès cet après-midi à notre demande de retrait du CPE.
C'est dans cet état d'esprit qu'elles confirment que le retrait est le préalable àtoute négociation.
Les organisations syndicales ont décidé de se réunir ce jour pour exprimer au Premier Ministre qu'elles ne tomberont pas dans le piège de la rupture du front syndical construit contre le CPE.
L'intersyndicale réaffirme que le dénouement de la crise actuelle passe par l'écoute de la part du gouvernement des douze organisations syndicales engagées contre l'action du CPE depuis deux mois.
Les organisations syndicales réunies demandent au Premier Ministre de recevoir dès aujourd'hui l'intersyndicale qu'elles constituent.
Elles considèrent que plus que jamais l'amplification de la mobilisation est décisive pour obtenir le retrait du CPE.
Après le succès de la mobilisation du 23 mars dernier qui démontre la mobilisation de la jeunesse, l'ensemble des organisations syndicales appelle le 28 mars à une puissante journée d'action interprofessionnelle avec arrêts de travail, grèves et manifestations.
22 MARS 2006
CNE
Le gouvernement contrôle les juges
Fait rarissime: la chancellerie vient de donner des instructions aux parquets sur le suivi des contentieux engagés devant les Prud’hommes sur les CNE.
Dans une circulaire datée du 8 mars, le Ministère de la justice demande expressément aux procureurs non seulement de suivre toutes les procédures prud’homales relatives au CNE, de lui en faire rapport mais aussi et surtout d’intervenir aux audiences pour rappeler les termes de l’ordonnance du 2 août 2005 sur le CNE, pour limiter strictement le contrôle des juges et même pour faire appel des décisions prud’homales.
Force Ouvrière dénonce cette pression du politique sur la justice, violant ainsi la séparation des pouvoirs.
La volonté du gouvernement est très claire: placer la justice sous contrôle (et notamment la justice prud’homale que le gouvernement juge très certainement pro-salariée, alors que pourtant les conseils de prud’hommes sont composés paritairement d’employeurs et de salariés), défendre à tout prix sa législation sur le CNE en contrôlant et en limitant les interprétations qui pourraient en être faites par les juges.
Cette injonction du ministère de la justice revient à instaurer au civil un contrôle du parquet, jusque là réservé au pénal.
22 MARS 2006
Prix du gaz
L’intérêt des actionnaires avant les exigences sociales
La présentation par le gouvernement de la limitation de la hausse du prix du gaz à 5,8% au lieu des 8,1% réclamés par Gaz de France ne doit pas faire illusion. Pour FO, il s’agit bel et bien d’une nouvelle ponction dans le porte-monnaie des ménages dont le contenu se vide à une vitesse vertigineuse.
Cette nouvelle hausse succède à celles décidées en 2005 et porte à 35% l’augmentation du prix du gaz en deux ans, un chiffre qui va bien au-delà de l’inflation mais surtout bien au-delà de la progression des rémunérations des salariés dans un contexte de modération salariale persistante.
Cette décision intervient en outre dans le contexte du projet de fusion Suez/GDF qui couronne de fait la privatisation de l’opérateur public. Dans ce contexte, le parti pris de relever les tarifs du gaz affirme la priorité donnée à satisfaire l’appétit des actionnaires présents et futurs en matière de dividendes au détriment des usagers du service public.
Cet arbitrage qui fragmente un peu plus le modèle républicain confirme pour Force Ouvrière, la détermination du gouvernement à porter atteinte aux services publics. Malgré les échecs patents des privatisations, c’est donc en connaissance de cause que l’Etat poursuit sa politique de restriction économique dans le cadre des dogmes européens.
21 MARS 2006
Combattre le racisme
Pour une solidarité entre tous les travailleurs
A l’occasion de la journée contre le racisme, Force Ouvrière souhaite rappeler son rejet absolu des idées, comportements ou actions racistes, xénophobes ou antisémites qui constituent une atteinte à la démocratie toute entière et son attachement au respect des droits de l’homme, aux valeurs républicaines de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, de laïcité et de solidarité entre tous les travailleurs.
La lutte contre les discriminations fait partie intégrante de notre lutte syndicale et Force Ouvrière à l’occasion de cette journée appelle à une mobilisation accrue de tous ses militants pour lutter contre toutes les discriminations et le racisme.
A cet effet, une campagne d’affichage sur ces thèmes est lancée à compter de ce jour par notre Confédération.
Concernant la politique d’asile et d’immigration, nous considérons que les réponses ne sont pas dans le durcissement de la législation.
Compte tenu des modifications législatives précédemment adoptées en matière d’asile et d’immigration et des projets en cours, Force Ouvrière s’inquiète des dérives sécuritaires et du recul des libertés publiques.
A cet égard, nous considérons que le projet de loi modifiant les conditions d’entrée, de séjour et d’asile des étrangers (CESEDA) constitue une menace tant pour les libertés individuelles et les droits fondamentaux.
Force Ouvrière revendique une politique humaine de l’immigration créant les conditions d’une bonne intégration pour tous et définie dans le respect du dialogue social, tant il nous semble évident que ces questions sont intimement liées au contexte économique et social (conditions d’emploi, chômage, conditions de travail, précarité, formation, accès à l’enseignement, accès aux droits sociaux, législation du travail)
La France est riche de sa diversité.
C’est en application des principes républicains d’Egalité et de Fraternité que chacun doit y trouver sa place.
21 MARS 2006
Echec sur la revalorisation de la valeur du point dans les régimes ARRCO-AGIRC
L’intransigeance patronale sur la fixation des paramètres qui déterminent les conditions de la revalorisation des pensions dans les régimes de retraite complémentaire a conduit les organisations syndicales à refuser les propositions du patronat sur le salaire de référence qui pénalisent les actifs, futurs retraités.
Force Ouvrière ne peut accepter que les décisions prises pénalisent à la fois les actifs et les retraités à la veille des rendez-vous prévus en 2006 sur les régimes de retraite complémentaire qui contribuent très largement au maintien du niveau des pensions .
Les jeunes doivent pouvoir compter sur la crédibilité des régimes par répartition et sur la responsabilité des partenaires sociaux.
17 MARS 2006
La loi sur l’égalité salariale
Le Conseil Constitutionnel donne raison à FO
30 après l’instauration du principe «A travail égal ou de valeur égale, salaire égal», il semblait évident que l’urgence de faire de l’égalité salariale une réalité s’imposait!
FO s’était étonnée de la nécessité de légiférer pour aboutir à un texte qui ne comporte, en tout et pour tout, que 3 articles sur 18 traitant vaguement de l’égalité salariale, quand la promesse présidentielle était de supprimer les écarts salariaux entre hommes et femmes.
Ainsi donc, pour la Confédération, loin de réduire les inégalités salariales qui sont encore aujourd’hui de l’ordre de 25% en moyenne au détriment des femmes, ce texte amplifiait la précarité des salariés en introduisant un nouveau cas de recours au travail temporaire. Au nom de l’égalité salariale, les entreprises se voyaient ainsi offrir la possibilité d’un recours à l’intérim dans le cas où le salarié «souhaite» accroître son activité!
Le Conseil Constitutionnel vient de nous donner raison en cette date du 16 mars et déclare :
- Comme contraires aux règles constitutionnelles régissant l’exercice du droit d’amendements dépourvus de tout lien avec le projet de loi déposé au Parlement ou bien encore introduits en deuxième lecture sans être en relation directe avec des dispositions restant en discussion à ce stade de la procédure;
- Comme contraires au principe d’égalité et non couvertes par les dispositions constitutionnelles relatives à la parité en matière d’élections politiques, les dispositions instaurant des règles de composition contraignantes entre sexes dans divers organismes et commissions délibératifs publics et privés.
D’autre part, le Conseil Constitutionnel a invoqué l’absence de lien entre des amendements introduits par le Gouvernement et l’objet d’un texte de loi, notamment la possibilité pour un salarié à temps partiel de cumuler un emploi d’intérim, ce que Force Ouvrière avait largement dénoncé.
Le Conseil Constitutionnel a censuré l’imposition des proportions déterminées de femmes au sein des conseil d’administrations et de surveillance des sociétés privées, des entreprises du secteur public, des comités d’entreprise, des délégués du personnel, et dans la liste de candidats au conseil de prud’hommes et aux organismes paritaires de la fonction publique.
En conséquence, sont déclarés contraires à la Constitution les articles 9, 14, 18, 21 à 26, 30 et 31 de la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Pour Force Ouvrière, l’égalité salariale n’est pas un simple plan de communication mais une réelle ambition et un objectif républicain.